Blocus sur les colonies illégales“Pas contre Israël, mais le droit international doit être respecté”

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
Le gouvernement luxembourgeois veut franchir une nouvelle étape dans sa position sur les territoires palestiniens occupés. Le Conseil de gouvernement a examiné ce vendredi un texte visant à établir un cadre légal pour interdire l’importation de biens provenant des colonies israéliennes.
© NICOLAS TUCAT/AFP

Une mesure qui se veut à la fois claire, assumée et juridiquement solide, comme l’a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, dans une déclaration.

Pour le Luxembourg, il s’agit d’un acte avant tout symbolique, mais un symbole qui compte. Le pays estime qu’il ne peut pas rester spectateur face à des situations qu’il considère comme contraires au droit international. Xavier Bettel l’a dit sans détour: "Ce sont des territoires qui n’appartiennent pas aux personnes qui s’y installent, des colons qui prennent quelque chose à quelqu’un de manière brutale".

"Fermer les yeux n'est pas une option"
Xavier Bettel

Le ministre insiste toutefois sur un point essentiel : cette mesure n’est pas dirigée contre Israël en tant qu’État. Elle vise spécifiquement les activités économiques liées aux colonies implantées dans des zones que la communauté internationale considère comme illégalement occupées. "Ce n’est pas une action contre Israël", a-t-il martelé, rappelant que le Luxembourg reste attaché à ses relations avec le pays. "Mais quand le droit international n’est pas respecté, on ne peut pas faire comme si de rien n’était".

Le contexte européen complique encore davantage la démarche. L’Union européenne n’a pas réussi à adopter une position commune sur la question, ce que Xavier Bettel regrette ouvertement. L’absence d’un front uni oblige certains États à agir seuls. "Si l’UE ne peut pas le faire, alors les pays doivent le faire individuellement", affirme-t-il. Le Luxembourg entend donc prendre ses responsabilités, même si l’impact économique de la mesure reste limité.

Un règlement grand-ducal, élaboré en coordination avec la Chambre, doit maintenant préciser les modalités concrètes de l’interdiction. Le gouvernement veut s’assurer que le cadre juridique soit incontestable, afin d’éviter tout flou ou toute contestation ultérieure.

En assumant cette position, le Luxembourg cherche à envoyer un signal politique fort : celui d’un pays qui défend le droit international, même lorsque l’Europe peine à parler d’une seule voix. Une démarche qui se veut cohérente avec la ligne diplomatique luxembourgeoise, tout en restant soigneusement calibrée pour ne pas être interprétée comme une rupture avec Israël.

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