
Il faudrait mieux analyser et communiquer les sources de contaminations. Les autorités pourraient ainsi décider les bonnes mesures. Tel est l'avis du Docteur Claude Muller.
D'un point de vue épidémiologique, il serait fondamentalement toujours bon de faire un confinement le plus tôt possible. Il est difficile de dire si le gouvernement a pris les bonnes mesures, à fermer les bons endroits, selon le virologue du „Luxembourg Institute of Health“. Pour faire cela, il faudrait pouvoir se référer aux données relatives aux circonstances dans lesquelles le plus d'infections se produisent. Le Docteur Claude Muller plaide pour que lors du traçage, on regarde très précisément si les gens se contaminent chez eux ou au travail. On aurait alors des faits scientifiques pour trancher. Actuellement, les informations sur lesquelles on se base, ne sont pas suffisamment détaillées, regrette le virologue.
Si on communiquait mieux, les gens se protègeraient mieux dans les situations à risque. Aujourd'hui par exemple, ce n'est pas très clair: pourquoi l'Horesca est-il frappé par des mesures plus strictes, si dans le même temps le Premier ministre dit qu'il n'y a pas de "hotspots" dans le secteur?
Selon Claude Muller, on compte maintenant particulièrement sur la discipline de la population. Les gens doivent comprendre les règles et les respecter. Et pour y parvenir, la communication est absolument essentielle.
Les gens se comportent souvent de manière anticycliques. Si les chiffres augmentent, ils font davantage attention. Quand ils baissent, ils se disent, nous pouvons à nouveau en profiter jusqu'à ce qu'ils remontent.
En ce qui concerne le transport scolaire, le Docteur Muller évoque des horaires décalés pour le désengorger. C'est une piste pour que tous les élèves ne soient pas au même moment dans les bus.
Le couvre-feu, qui vient d'être prolongé jusqu'au 15 décembre, a-t-il réellement apporté quelque-chose? Le Docteur Muller estime que pour répondre, il faudrait avoir des indications que de nombreuses contaminations ont particulièrement lieu à cette heure tardive.
Le Docteur Muller croit en la sécurité du vaccin quand il aura été autorisé par l'Agence européenne du médicament.
Ce n'est en soi pas un problème que les vaccins aient été développés aussi rapidement, selon le virologue. Ce qui prend normalement du temps, c'est la procédure d'homologation. Ici, il y a eu beaucoup de volontaires pour participer à de grandes études et une forte présence du virus dans cette population. C'est pour cela que c'est allé plus vite.
Le virologue se fera évidemment vacciner. Selon lui, il faut vacciner en priorité les groupes à risque, les personnes vulnérables et le personnel de santé. Avec de plus en plus de participants, chacun aura la possibilité de se protéger. Au début, une immunité collective n'est pas aussi déterminante.