
Pour résumer brièvement la polémique, une affaire de poules décapitées dans un poulailler à Hesperange avait conduit le député-maire de la commune à publier sur le réseau social un commentaire sur la politique d'immigration menée au Luxembourg par le LSAP.
Marc Lies, député-maire de Hesperange, a pu ressentir ces derniers jours à quel point une déclaration produit des effets variables en fonction du contexte dans lequel elle est faite. Mais aussi l'importance du choix des mots utilisés pour rédiger cette déclaration.
Il a réagi à un commentaire, dans lequel un monsieur avait exprimé sa colère de manière "un peu plus brutale". Il n'a pas réalisé que ce commentaire était déjà la réaction à un post d'un homme dont les poules avaient été tuées dans son jardin, a expliqué le député CSV dans une interview à RTL. Ce commentaire a figuré "à un moment donné sur mon écran", a déclaré Marc Lies, "mais je ne l'ai pas mis en relation avec l'histoire de Hesperange".
Dans ce commentaire "plus brutal" auquel le bourgmestre de Hesperange voulait réagir, il était indiqué que la criminalité était en augmentation au Luxembourg et que ce serait dû au fait qu'il y avait de plus en plus de gens qui vivaient au Grand-Duché sans respecter les règles. Il était ainsi question de "toujours plus de racaille criminelle" et du Luxembourgeois respectable, qui était comme toujours "l'idiot de l'histoire."
Il n'était pas correct non plus d'avoir critiqué dans son message la politique de l'ex-ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Après tout, il ne s'agissait pas pour lui de la question des réfugiés au Luxembourg, mais du problème global de sécurité, qui, selon lui, s'est aggravé ces dernières années.
Concrètement, il avait critiqué la politique "de la porte ouverte" du gouvernement précédent. C'était à considérer dans un contexte global. "Nous avons une croissance démographique extrêmement grande. […] Si vous avez une telle croissance, vous devez peut-être aussi de l'autre côté, faire davantage dans le domaine social, mais aussi au niveau de la sécurité. Là, il ne s'est pas passé suffisamment de choses par le passé.“
"Je n'aurais pas dû faire ce post sous cette forme. Et donc je m’excuse de l’avoir fait sous cette forme. Mais comme je l'ai dit, ma préoccupation concerne simplement la sécurité et la qualité de vie des personnes qui vivent ici, sur notre territoire,", a dit Marc Lies en voulant tout à la fois s'excuser et tenter de se justifier.
Marc Lies regrette en outre que sa déclaration fasse le jeu des politiciens populistes de droite et favorise une attitude négative à l'égard des réfugiés. "Ce n'est certainement pas très heureux.“
De manière générale, il y a eu ces derniers temps des ratés en matière de communication, a admis Marc Lies en se référant notamment aux déclarations de l'échevine DP de la Ville de Luxembourg, Simone Beissel, ou du ministre CSV des Affaires intérieures, Leon Gloden. Il regrette toutefois qu'ils aient tous deux été "poussés dans le coin de droite".
Dans une lettre ouverte, les partis d'opposition au conseil communal de Hesperange exigent désormais que le bourgmestre s'explique et présente ses excuses lors de la prochaine réunion du conseil.
Contacté par RTL, le Premier ministre, Luc Frieden, renvoie à la prise de position officielle de la direction du CSV.