
C’est une nouvelle qui a bouleversé sa vie. Elle a immédiatement pensé : “Tu vas mourir. Qu’est-ce qui va se passer avec tes enfants ?”. Une angoisse que le médecin a toutefois pu apaiser. “Tu ne vas pas mourir de ça”, m’a‑t‑il dit, “calme-toi.” “Nous allons l’opérer et ensuite on verra...” Cheryl explique qu’elle est ensuite rentrée chez elle “et là j’ai d’abord dû encaisser tout ça. Et puis, … comment est‑ce que tu annonces ça à tes enfants ?”
Pour sa famille aussi, le diagnostic de cancer du sein a été un choc. Dès le début, Cheryl a parlé ouvertement et honnêtement de sa maladie, et elle a partagé chaque étape de son traitement avec sa famille et ses amis. Cela a aidé tout le monde, dit‑elle.
Cheryl a été opérée trois fois au sein gauche. Elle a décidé pour elle‑même de ne pas subir de reconstruction du sein et elle assume ses cicatrices. Quelques mois après sa dernière opération, elle est également apparue publiquement sur des photos. “Je me montre, même si je n’ai qu’un seul sein, mais je suis en vie. Et ce n’est pas quelque chose dont il faut se cacher, ni se dire : ‘j’ai des cicatrices ou je ne ressemble plus à une femme.’ Si, je suis une femme. Mais simplement une femme avec une cicatrice au sein”, témoigne Cheryl, mariée et mère de trois enfants.
Avoir un cancer du sein au début de la quarantaine n’a aujourd’hui plus rien d’extraordinaire, explique la docteure Caroline Duhem, oncologue au CHL. Le nombre de nouveaux diagnostics de cancer du sein chez les femmes de moins de 50 ans a augmenté en permanence ces dernières années.
Dans le cadre du programme national de mammographie au Luxembourg, les femmes âgées de 45 à 74 ans sont invitées tous les deux ans à un examen gratuit. Il est toutefois important pour une femme d’être attentive à son propre corps, d’examiner régulièrement sa poitrine et de faire attention aux facteurs de risque.
Aujourd’hui, un peu plus de 80 % des patientes atteintes d’un cancer du sein guérissent, précise l’oncologue. Plus la détection est précoce, plus les chances de survie sont élevées.
Les médecins essaient également de plus en plus d’éviter les traitements de chimiothérapie lourds. Les hormonothérapies sont en effet tout aussi efficaces, mais présentent moins d’effets secondaires graves.
C’est aussi sur l’hormonothérapie que repose le traitement de Cheryl. Cela signifie prendre des comprimés tous les jours pendant cinq ans, et une fois par mois recevoir une injection hormonale. Depuis sa dernière opération, en mars 2025, elle doit également aller régulièrement chez le kinésithérapeute.
Cheryl elle-même et sa famille sont conscientes qu’on ne peut pas encore parler de guérison complète, mais que le pire est probablement derrière elle. " J’apprécie beaucoup plus ma vie”, confie Cheryl Guth-Goulleven.