Sam Tanson"J'aime la Culture et la Justice, mais je ne refuserais pas le poste de Première ministre"

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Les têtes de liste des différents partis répondent aux questions de RTL pendant tout l'été. Au tour de Sam Tanson, ministre déi Gréng de la Culture et de la Justice.
© Christophe Nesser

Aucune pause estivale en vue pour Sam Tanson, mais cela ne la change pas trop par rapport aux années précédentes. Les demandes se sont cependant multipliées en vue des élections législatives. Elle est consciente que la communication a beaucoup évolué ces dernières années, mais elle préfère toujours garder une certaine distance avec son intimité. D'ailleurs, elle préfère de loin répondre à des questions sur des sujets d'actualité plutôt que sur sa vie privée.

"J'aime être jugée sur ce que je fais"

La ministre a porté une attention toute particulière au renforcement de la loi sur les droits des victimes d'agression sexuelle, voté juste avant les vacances à la Chambre. "Un signal très important pour les agresseurs", se réjouit Sam Tanson, "si une mineure doit souffrir toute sa vie après un viol, l'auteur des faits doit également pouvoir être poursuivi toute sa vie".

Une autre loi particulièrement soulignée par la ministre lors de son interview est l'assistance judiciaire qui permet à tous les citoyens d'obtenir un soutien financier, qui varie en fonction du revenu, pour sa propre défense en cas de convocation au tribunal si une personne gagne l'équivalent du montant du revis. "Il est important de garantir l'accès à la justice", souligne la ministre.

La réforme de la protection de la jeunesse n'a cependant pas encore été validée par la Chambre, ce que regrette Sam Tanson qui souhaite que la protection de la jeunesse soit séparée du droit pénal des mineurs. Un troisième texte doit également concrétiser le statut de témoin et victime mineurs. Le travail continue mais la ministre ne peut fournir aucune échéance en raison des vacances. Le  Service central d'assistance sociale (SCAS) ou le Parquet ont cependant émis certaines critiques par rapport à cette séparation, mais Sam Tanson note que son approche est participative et qu'elle essaie toujours de discuter avec les personnes concernées, tout en soulignant que certaines positions étaient très éloignées: "j'ai dû faire des choix en tant que ministre et je les assume".

Elle déclare également qu'elle n'a jamais voulu discréditer le travail engagé et professionnel des personnes qui sont sur le terrain, mais qu'une nouvelle approche était nécessaire: "c'était de loin le dossier le plus compliqué de mes deux ministères", avoue la ministre.

Sam Tanson veut faire de la politique afin de défendre les idées pour lesquelles elle a été élue en étant transparente dès le début, avant les élections. Il faudra également se retrouver dans le programme de coalition en cas de possibilité de participation au gouvernement. Elle revient notamment sur la sincérité de François Bausch qui a déclaré qu'il s'engageait dans les élections pour devenir député et non plus ministre.

Quant à ses aspirations, la ministre de la Culture et de la Justice est claire, elle voudrait continuer à travailler sur les dossiers entamés dans ses ministères. La culture et la justice combinent très bien sa personnalité et ses intérêts, tout en n'excluant pas d'autres ministères: "si on peut devenir Premier ministre d'un pays, c'est une offre que l'on ne peut pas refuser".

© Christophe Nesser

À quoi ressemblera le Luxembourg en 2030 ?

"Nous devons continuer à travailler dans la direction prise ces dernières années. Nous devons combiner la politique climatique avec la question de l'égalité tout en accompagnant notre économie dans cette transition. Nous nous sommes engagés sur le plan européen, il faudra donc encore faire baisser nos émissions de CO2, et nous aidons chaque individu à atteindre cet objectif jusqu'à son domicile avec les aides énergétiques. Le pays est également mis à l'épreuve, en matière de mobilité, d'économie, ou d'industrie, et si nous voulons laisser un monde digne de ce nom à nos enfants et à leurs enfants sans trop de conflits liés à la crise climatique, nous devons tous travailler dans ce sens, en protégeant davantage notre nature et la biodiversité. C'est selon moi le plus grand défi de la prochaine législature qui se terminera pratiquement en 2030".

Quelle serait votre 1ère action si vous deviez être Première ministre?

"Je ne suis pas fan de termes comme "le premier" ou "le meilleur". Ce qui est important à mes yeux, c'est d'avoir une approche collaborative. Nous vivons dans un pays qui fonctionne depuis des années avec des coalitions. Il est important que ces partis trouvent une bonne méthode de travail afin de faire le meilleur boulot ensemble. Il faut effectivement une voix qui porte l'ensemble du gouvernement vers l'extérieur, la Première ministre doit aussi en endosser la responsabilité et guider les différentes équipes en suivant la Constitution et les possibilités institutionnelles. En tant que chef de gouvernement, il faut évidemment avoir un œil dans tous les dossiers et faire en sorte qu'ils avancent".

Quel serait votre partenaire de choix pour former le prochain gouvernement ?

"Pour moi cela dépend vraiment du programme. Je m'entends très bien avec les partenaires de coalition du moment, nous travaillons très bien ensemble. Nous sommes un peu moins proches du CSV, mais nous discutons et je pourrais très bien imaginer travailler avec toute une série de personnes d'autres partis. La question principale reste le contenu du programme de coalition. C'est vraiment le point crucial. Sur le plan humain, j'essaie toujours de m'entendre avec tout le monde et c'est tout à fait possible".

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