Les têtes de liste des différents partis en lice pour les élections législatives répondront aux questions de RTL pendant tout l'été, et ils choisissent le lieu de l'interview!

Le Premier ministre a choisi la Corniche à Luxembourg-ville pour répondre aux questions de RTL: "le plus beau balcon de l'Europe", souligne Xavier Bettel qui y emmène souvent ses invités de marque. Il aime s'y promener également en privé, quand il a le temps...

"Si on parle de la semaine des 36 heures, je serais, et pas que moi, déjà en congé le mercredi ou le jeudi", plaisante le Premier ministre, "mais j'aime mon travail, donc je ne me plains pas. Et même s'il y a du pain sur la planche ou du stress, quand on aime ce que l'on fait, ce n'est pas du stress, mais plutôt une joie".

Pas facile donc pour Xavier Bettel de ne pas penser sans arrêt à son rôle et de déconnecter de temps en temps, ce qui peut parfois provoquer des discussions avec son mari. Il arrive vraiment à s'évader en vacances en lisant, de préférence des biographies ou des livres de Mary Higgins Clark.

Selon le Quality of Work Index, 56% des citoyens du Grand-Duché voudraient moins travailler, mais la tête de liste libérale revient sur la situation tendue sur le marché du travail, avec laquelle un tel souhait n'est pas vraiment compatible. Pour lui, il faudra faire preuve de flexibilité.

Le logement, un sujet compliqué

Xavier Bettel le considère comme son plus grand échec politique lors de cette dernière législature: le logement: "je prends sur moi, car c'est moi qui suis aux premières loges, mais c'est le gouvernement, ce sont les partis, c'est le secteur privé et ce sont les communes qui doivent se remettre en question, il faut vraiment faire table rase dans ce domaine".

Le Premier ministre souhaite qu'au delà des paroles, des actes soient également réalisés en investissant massivement dans le logement et en trouvant d'autres modèles, notamment à travers un fonds pour la construction de logements dans lequel l'État et les particuliers pourraient investir. Il faut également discuter des PAG avec les communes, voir avec les entreprises si elles ne sont pas intéressées de construire des habitations pour leur personnel. Mais Xavier Bettel le répète: "il n'y a pas de solution miracle pour résoudre le problème".

Malgré le récent rapport de l'autorité de la concurrence, qui dépeint un enrichissement massif des promoteurs sans que pour autant le parc immobilier n'ait vraiment augmenté, le Premier ministre ne souhaite pas réguler le marché mais est plutôt d'avis qu'il s'agit du principe de l'offre et de la demande. "L'État doit faire plus d'offres, ce qui fera logiquement baisser les prix", explique la tête de liste DP qui avoue que l'État a aussi contribué à la hausse des prix en vendant des terrains à des promoteurs qui voulaient s'enrichir. Mais cette tendance aux prix élevés s'est arrêtée il y 6-7 ans.

Crise climatique: ne rien imposer d'inutile

Des températures record, des feux de forêts dévastateurs en Europe et sur le continent américain, des inondations en Asie... les scientifiques observent la surchauffe de l'atlantique nord, le ralentissement de la production glacière dans l’antarctique... "Je suis conscient que si nous ne faisons rien, nous nous dirigeons droit dans le mur", réagit Xavier Bettel qui explique vouloir imposer certaines règles que si elles sont nécessaires, et les citoyens semblent approuver, comme lors des récentes économies d'énergies et le recyclage qui fait désormais partie de la vie de tous les jours.

"Et quand je peux me rendre à pied quelque part, je le fais, mais la police n'est pas toujours d'accord", plaisante le Premier ministre.

À quoi ressemblera le Luxembourg en 2030 ?

"Il faut trouver le bon équilibre avec le maintien d'une croissance mais il faut aussi pouvoir la financer, et pour trouver les financements, il faut une certaine croissance. C'est cet équilibre que je souhaite pour 2030, ainsi qu'une cohésion sociale qui commence à grandir".

Quelle serait votre 1ère action si vous deviez à nouveau être Premier ?

"Je ne peux pas prévoir la sauvegarde de l'environnement sans le logement. Je ne peux pas prévoir le logement sans la compétitivité. Et je ne peux pas prévoir la compétitivité sans l'attractivité, tous ces éléments doivent pouvoir tenir ensemble, je n'ai pas qu'une chose à faire, j'ai plusieurs dossiers sur le feu".

Quel serait votre partenaire de choix pour former le prochain gouvernement ?

"Le parti avec lequel je peux concrétiser le plus de projets. Je sais par exemple qu'une politique familiale du CSV où les femmes doivent retourner dans leur cuisine serait hors de question. Une réduction du temps de travail avec les socialistes est compliquée, presque impossible selon moi. Je n'ai pas encore vu le programme des Verts, mais certains points ne me conviennent pas du tout. Et je ne veux pas former une coalition seulement pour rester Premier ministre. Je voudrais un programme qui me permet de me regarder dans le miroir chaque matin et me dire que ce que nous faisons est bien".

L'affaire du plagiat

"Je n'étais pas fier mais je ne l'ai pas caché non plus", a réagi le Premier ministre concernant son affaire de plagiat, "en fait, maintenant cela n'a plus d'importance, c'est fini, terminé, j'ai pris mes responsabilités, j'ai été plus strict envers moi-même que d'autres".

Une passion pour le Luxembourg

S'il ne dévoile pas trop sa stratégie pour un futur potentiel gouvernement, Xavier Bettel est plus bavard lorsqu'il s'agit de l'Europe: "on m'a déjà proposé le Conseil, et d'autres postes, ce qui ferait du bien à mon égo, mais cela ne m'apporterait pas grand-chose. Je souhaite vraiment garder mon poste de chef de gouvernement ces 5 prochaines années, si je peux rester Premier ministre, je le resterai et je resterai les 5 ans".

Alors on oublie la proposition du référendum de 2015 pour limiter les postes de gouvernement à deux mandats ? "Je suis toujours d'avis que c'est une possibilité d'avoir un renouveau en politique, mais les citoyens m'ont envoyé un autre message, 80% d'entre eux étaient contre, ce que j'ai noté. Et en fait je suis assez satisfait de pouvoir continuer", admet-il.