
"Comme vous le savez peut-être déjà, la forêt amazonienne est en feu depuis trois semaines, et aucune mesure n’a été prise ..." dénonce Youth For Climate Luxembourg dans un post facebook publié jeudi soir.
Ces activistes appartiennent au mouvement mondial de jeunes qui se mobilisent face au changement climatique. Ce vendredi, entre 17h et 18h, une manifestation est ainsi organisée devant la Schueberfouer, au moment où cette dernière sera inaugurée. "Il appartient à la jeunesse dont l’avenir est littéralement en train de brûler, de se lever avec plus de colère que jamais" peut-on lire sur le post Facebook. "Venez avec des pancartes, des amis et l'énergie pour crier" haut et fort que "l'inaction politique nous mène littéralement à la mort de la nature".
Et à 17h, ils étaient bien au rendez-vous, comme on peut le voir sur ces premières images:
La situation en Amazonie, dévastée par la déforestation et des incendies, est en effet "hors de contrôle", dénonce la militante écologiste brésilienne Marina Silva, qui accuse le gouvernement d'ultra droite du président Jair Bolsonaro de permettre une "action effrénée" qui affecte un écosystème vital pour la planète.
"En ce moment, elle est hors de contrôle du fait qu'il y a 38.000 foyers d'incendies, ce qui représente 60% de tous ceux du Brésil (...) Bien sûr, dans peu de temps les pluies vont arriver et ce sera résolu. Mais aujourd'hui le gouvernement, en raison de sa négligence, de tout ce qu'il a stimulé par son discours contraire aux actions de fiscalisation, a favorisé une action effrénée liée aux brûlis" affirme l'ex-candidate à la présidentielle, estimant que ce qui se passe en Amazonie, dont 60% est située au Brésil, constitue un "crime contre l'humanité".

D'après l'Institut national de recherche spatiale (INPE), 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu'au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l'an dernier, et plus de 52% concernent l'Amazonie. L'INPE a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l'espace de 48 heures dans l'ensemble du Brésil. La déforestation, qui avance rapidement, est la principale cause des départs de feu.
Le phénomène qui a touché Sao Paulo "est une alerte pour le pays. Nous sommes face à la mer et tournons le dos au Brésil", souligne M. Ribeiro de Freitas, en allusion à la position géographique de la capitale économique du Brésil, proche du littoral atlantique mais à des milliers de kilomètres de la jungle qui brûle depuis des semaines.
"Le nuage de fumée nous pourrit la vie", dit Roberto dos Santos, un motard qui raconte comment les incendies bouleversent le quotidien de cette petite ville au bord du fleuve Madera. "Le matin, on ne peut même plus voir les voitures. Ma fille est tombée malade, j'ai dû l'emmener aux urgences. Des animaux brûlent vifs dans la jungle, certains fuient vers la ville pour y trouver refuge". Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui dénoncent l'inaction et l'impuissance face à ce drame environnemental.