
La convention signée entre le ministère de la Santé et la Fédération des hôpitaux luxembourgeois aurait été mise en place de manière trop restreinte, selon les critiques.
Avec pour conséquence que certains médecins sont payés pour les gardes et astreintes... Mais d'autres pas. Ce qui provoque de la frustration et pourrait devenir problématique pour la prise en charge des patients.
Aux Hôpitaux Robert Schuman, sur les 42 médecins qui assurent chaque jour des gardes et des astreintes à l'Hôpital du Kirchberg et à la Zithaklinik, 16 ne sont pas indemnisés. Ainsi seuls deux anesthésistes-réanimateurs sont prévus. Mais cela ne suffirait pas, dit le docteur Cyril Thix, président du Conseil médical des HRS.
"Car nous avons déjà besoin d'un anesthésiste-réanimateur pour chaque service de soins intensifs sur chaque site. Il y a ainsi un troisième anesthésiste qui ne s'occupe que du bloc opératoire pour les gardes et les urgences sur le site du Kirchberg, qui n'est absolument pas pris en compte."
Le troisième anesthésiste assure pour le moment ses gardes, bien qu'il ne soit pas indemnisé pour cela, au contraire de ses deux collègues. En neurochirurgie, aucune astreinte n'est prévue.
L'anesthésiste concerné s'interrogerait à présent sur la manière de continuer: poursuivre et continuer à ne pas percevoir d'indemnités ou arrêter d'assurer gardes et astreintes?
Tous les hôpitaux du pays seraient plus ou moins concernés selon l'AMMD, l'Association des médecins et médecins dentistes. Déjà par le simple fait qu'ils compteraient tous plus d'un site.
"Nous ne pouvons payer que ce qui est prévu par la loi. Il existe un cadre légal qui prévoit pour certaines spécialités la garde sur place et pour d'autres uniquement une astreinte et c'est en fonction de cela que la convention est établie."
Voilà ce qu'explique la ministre de la Santé, Paulette Lenert, qui a signé la convention avec la Fédération des hôpitaux, mais sans l'AMMD. Il s'agirait ici d'un projet-pilote. Il est d'ailleurs accompagné d'un comité d'évaluation, affirme Paulette Lenert. Un bilan sera tiré à la fin de l'année et des ajustements interviendront éventuellement.
Il sera alors nécessaire de discuter d'un certain nombre de points critiques. Par exemple de l'indexation des tarifs. Il y a également un autre problème: en semaine, les astreintes sont seulement indemnisées du soir jusqu'à 7h00 du matin. Cependant, si le médecin est appelé dans la journée et doit donc annuler des consultations avec ses patients, il ne recevra aucune indemnisation.
"Ensuite il y a des questions particulières sur des spécialités particulières, pour savoir où une astreinte est justifiée et où une garde sur place est nécessaire", ajoute le docteur Philippe Turk, président de la FHL. À titre d'exemple, pour les cardiologues, seule une astreinte est prévue.
Selon la Fédération des hôpitaux, l'AMMD devrait également obtenir une place dans le comité d'évaluation du projet-pilote, aux côtés des conseils médicaux des hôpitaux, qui avaient déjà participé à la première réunion.
La ministre de la Santé se dit ouverte au dialogue. Le projet serait tout récent. Tout le monde aurait sa place autour de la table. Il faudrait maintenant se donner l'année pour analyser les choses dans la pratique avec du recul et faire les bons ajustements.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: