
Le directeur de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen, a déclaré mardi sur RTL que l'économie pourrait tomber en "stagflation", un terme qui décrit une situation de stagnation économique associée à des tendances inflationnistes.
Carlo Thelen espère qu'avec de nouvelles mesures, le gouvernement réussira à recréer de la confiance dans l'économie tout en freinant l'inflation, car selon lui, il faudrait avant tout, à court terme, éviter que deux, voire trois, tranches d'index se succèdent rapidement.
Lui-même ignore ce que le gouvernement va proposer, mais il a rappelé l'idée de la Chambre de Commerce. Carlo Thelen a cité à titre d'exemple des mécanismes de compensation, où, à partir d'une certaine hausse des prix de l'énergie, l'Etat en prendrait une partie en charge. En outre, au Luxembourg, les accises seraient supérieures au minimum européen de 7 à 8 centimes le litre. Les diminuer de 5 centimes permettrait de réaliser à la pompe une économie de 2,5 euros sur 50 litres.
Une mesure plus "structurelle" serait par exemple, une "super déduction recherche et développement" afin de soutenir les transitions climatique et numérique, ou encore une "réserve immunisée", qui permettrait aux entreprises de mettre de l'argent de côté pour de futurs investissements. Selon Carlo Thelen, des réductions fiscales pourraient renforcer la confiance des entreprises. A la question de savoir si de telles mesures ne risquent pas de renforcer la demande et donc l'inflation, le directeur de la Chambre de Commerce a répondu que cela dépendrait du contexte. Nous serions actuellement dans une situation "exceptionnelle", où il faudrait réagir à l'incertitude économique, selon Carlo Thelen.
En ce qui concerne les relations économiques avec la Russie, Carlo Thelen a décrit la situation comme dramatique. L'offensive de la Russie serait aussi bizarre parce que l'Europe serait le premier importateur de la Russie. La situation actuelle serait déjà dramatique. A titre d'exemple, les sanctions internationales obligeraient Cargolux à faire faire des détours à ses appareils et à organiser différemment ses équipes. Les transactions financières seraient également compliquées.
Une soixantaine d'entreprises luxembourgeoises seraient actives actuellement en Russie et une dizaine seraient présentes sur place, selon Carlo Thelen. Le directeur de la Chambre de Commerce a ajouté que plus le conflit en Ukraine s'intensifiait, plus l'économie se serait préparée. L'impact négatif serait moins macro-économique mais plus technico-énergétique.