“Je pense que Georges Mischo ne s’est pas rendu service avec cette interview. Toute l’opposition a ri et le CSV s’est senti gêné”, a déclaré lundi matin sur RTL le député LSAP Georges Engel. Il réagissait à l’interview donnée la semaine dernière sur cette antenne par l’ex-ministre du Travail. Selon Georges Engel, Georges Mischo a rejeté la faute sur tout le monde. “Il a attribué la responsabilité de son échec aux syndicats, à la presse, à l’opposition et même à ses propres fonctionnaires”, ce que Georges Engel considère comme “une mauvaise manière”. Il aurait mieux fait de laisser passer encore un peu de temps, estime le député LSAP.
L’ex-ministre du Travail avait qualifié la lettre envoyée par les syndicats au Premier ministre de “lâche, infecte et sans niveau”. Or, étant lui-même membre de trois syndicats, Georges Mischo devrait savoir comment ils fonctionnent et qu’”ils ont un certain style pour dire les choses”. Le fait que les syndicats aient rédigé une telle lettre montre aussi que la communication n’était pas bonne, estime le député socialiste.
En tout cas, une chose est claire : la politique de Georges Mischo et de l’ensemble du gouvernement a définitivement “renforcé les syndicats”. “On le voit maintenant avec leur front syndical.” Cela avait été tenté pendant des années, mais ce n’est que maintenant que cela a réussi. “Être ministre du Travail, ce n’est pas une partie de plaisir”, affirme Georges Engel, qui a lui-même été un temps ministre du Travail. “C’est vraiment un travail difficile.” Il faut trouver des compromis et surtout savoir où l’on veut aller. “Et c’est ce qui m’a toujours un peu manqué chez Georges Mischo. Il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait obtenir. Il ne savait pas vraiment où aller.” Il a essayé de mettre en œuvre le programme de coalition, “très proche du DP et aussi très proche de Luc Frieden”. Et il a “probablement été trop naïf et trop confiant en suivant ce programme, au lieu de le remettre un peu en question”, estime Georges Engel.
L’espoir que le dialogue social soit relancé avec le nouveau ministre du Travail est grand. Cependant, il faut savoir que Marc Spautz devra lui aussi appliquer un programme de coalition qu’il a contribué à élaborer. “Marc Spautz ne peut pas s’en sortir comme un électron libre en disant qu’il n’a rien à voir avec cet accord de coalition.” Donc, le rôle du nouveau ministre du Travail ne sera pas simple non plus. Marc Spautz devra également mettre en œuvre la directive européenne sur le salaire minimum. Cette directive prévoit deux critères : soit on se base sur le salaire moyen, soit sur le salaire médian, explique Georges Engel. Le LSAP plaide pour prendre en compte le salaire médian. Cela impliquerait une augmentation de 200 euros. Et pour ménager les employeurs et éviter de les mettre en difficulté, on pourrait augmenter le salaire minimum immédiatement de 100 euros, puis ajuster les 100 euros restants par la suite.
La semaine dernière, des critiques ont également visé le LSAP. Il s’agit de celles exprimées sur RTL par le coordinateur général du parti, Ben Streff. Celui-ci estime que le groupe parlementaire socialiste n’est pas assez présent sur le terrain. Georges Engel considère qu’il eût été préférable que ces critiques soient exprimées en interne plutôt que sur la place publique. “Quand on est dans une équipe de football et qu’on n’arrive pas à entrer dans le match, il faut essayer d’entrer dans le match par le combat, l’organisation ou la tactique. Je n’ai jamais vu une équipe commencer par marquer un but contre son camp avant de dire : ‘Voilà, maintenant on va essayer de gagner le match’.”
Il est bien sûr positif que les problèmes soient abordés. Et être davantage sur le terrain est toujours à saluer. Le fait qu’on n’entende pas beaucoup les anciens ministres (Georges Engel, Paulette Lenert, Franz Fayot et Claude Haagen, ndlr) a été aussi critiqué. Ils ne seraient pas vraiment présents. Georges Engel a répondu qu’il ne se sentait pas visé, qu’il était souvent sur le terrain, mais qu’il est clair que cela convient mieux à certains qu’à d’autres. Il faut aussi des personnes dans le groupe qui travaillent sur les dossiers. Quant à la présidente du groupe parlementaire, Taina Bofferding, elle est bien à sa place. “Elle a beaucoup appris ces deux dernières années et fait bien son travail”.
A la question de savoir s’il souhaite se porter candidat à la présidence du parti lors du prochain congrès, Georges Engel n’a répondu ni par “oui” ni par “non”. Il a déclaré : “Si mon expérience et mon profil peuvent aider à ce que nous puissions mieux nous développer, tant comme pays que comme parti, alors j’en tirerai les conclusions.” Il peut aussi imaginer plusieurs personnes comme co-présidentes. On verra dans les prochaines semaines qui se démarquera, a ajouté le député LSAP.