
L’âge est un sujet qui nous concerne tous ou devrait tous nous concerner. Quand nous sommes jeunes, nous posons les bases de notre vie à un âge plus avancé, explique le Professeur Anna Kurnadt de l’Université du Luxembourg. Psychologue, elle dirige le département des Sciences comportementales et cognitives. Des recherches y sont menées sur des sujets tels que les discriminations liées à l’âge et le dialogue intergénérationnel.
“Tout d’abord, cela signifie que nous devons exploiter le potentiel de ces personnes âgées, c’est-à-dire voir ce qu’elles sont capables de faire et ce qu’elles apportent à notre société. C’est un point très, très important, il ne faut pas dire ‘nous mettons sur la touche tous les plus de 60 ans’, mais regarder quelles expériences ils ont, ce qu’ils peuvent encore apporter à la société, dans n’importe quel domaine. Ensuite, il est important que nous engagions un dialogue intergénérationnel afin de voir comment relier les besoins, les souhaits et les objectifs des plus jeunes et des plus âgés dans la société.”

Le Statec a réalisé des projections démographiques macroéconomiques jusqu’en 2051. Notre population va croître, tout comme le pourcentage de personnes âgées de plus de 60 ans. A la date du 31 décembre 2022, le Luxembourg comptait 660.809 habitants, dont 20,6% étaient âgés de 60 ans et plus. Ce qui correspond à 136.374 personnes. Selon les projections du Statec, dans 20 ans, en 2042, le Grand-Duché comptera 937.321 habitants, dont 255.576 (27,3%) seniors de plus de 60 ans. Parmi ceux-ci, 60.342 auront plus de 80 ans.
Idette Cattivelli enseignait l’éducation physique et était monitrice pour un club de gymnastique. Quand elle a pris sa retraite, elle ne voulait plus donner de cours. Mais les choses se sont passées autrement. Six mois après son départ à la retraite, on lui a demandé de donner des cours pour des plus de 50 ans. C’est ce qu’elle fait depuis 19 ans. Deux fois par semaine, elle donne des cours de gymnastique pour le Club Haus Beim Kiosk à Schifflange.
“Je pense que grâce à cela, je reste jeune, je dirais. Ce n’est pas seulement la gymnastique, c’est tout ce qu’il y a autour.”
Tony Tintinger est un ancien chef étoilé. Quant il a pris sa retraite et cessé son activité de chef de son restaurant, il a continué à travailler en tant que conseiller en gastronomie jusqu’à l’âge de 75 ans. Il a ainsi contribuéà la création de nouveaux restaurants. Pendant la pandémie, il s’est cherché une nouvelle occupation. A présent, les moulins à poivre sont son nouveau dada. Dans son atelier, il fabrique des moulins à poivre ou à muscade à partir de morceaux de bois ou de vieux meubles. Et il a conservé son âme d’entrepreneur. Il vend en effet ses pièces uniques dans quatre points de vente au Luxembourg.
Il voit beaucoup de points positifs dans la vieillesse: “Tu en sais beaucoup, tu vas doucement, tu vas tranquillement, tu peux te réjouir de beaucoup de choses. Je vois cela positivement, je mange beaucoup moins. Tu n’as plus besoin d’autant. Plus autant de quantités ni de qualités. Je suis très satisfait de ma cuisine maison aujourd’hui. Je n’apprécie même plus une cuisine très élaborée, mais j’apprécie une cuisine très simple vraiment bien réalisée. Et je me fais ça très souvent.”
Le reportage de RTL en luxembourgeois: