Avec deux nouvelles “zones fonctionnelles transfrontalières”, ce sont vingt-six communes luxembourgeoises et 19 communes belges qui devraient coopérer encore plus étroitement au niveau local à l’avenir. Ce qui semble une évidence lorsqu’on pense qu’environ 70% de la population active d’Arlon travaille au Luxembourg, par exemple.
L’aménagement du territoire et la mobilité, les services publics comme la santé, la biodiversité, l’économie locale, le sport, la culture et le tourisme: tels sont les domaines qui ont été retenus pour bâtir de nouveaux projets bénéficiant à plus de 310.000 citoyens, des deux côtés de cette frontière longue de 148 kilomètres.
“Nos économies sont interdépendantes. Nos travailleurs franchissent quotidiennement la frontière. Nos entreprises et nos citoyens collaborent. C’est pourquoi les programmes Interreg et ZFT ne sont pas qu’un simple outil de coopération. Ils sont une réparation historique, une façon de recréer ce qui autrefois était naturel.” selon Jeff Gangler, bourgmestre de Boulaide.
De son côté, Claude Meisch, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire luxembourgeois, a déclaré: “Il importe de se doter d’instruments efficaces afin de créer une vision d’avenir pérenne commune pour rapprocher nos territoires et autorités locales ainsi que nos populations pour améliorer leur qualité de vie quotidienne. L’objectif étant de construire des ponts entre les deux versants, de laisser ouverts tous les axes de développement possibles en donnant la parole aux autorités locales”.
Dans un premier temps, cinq projets ont été retenus. La force des projets, qui seront cofinancés par la Commission européenne à hauteur de 8,1 millions d’euros, réside dans la proximité avec les citoyens. Comme entre Autelbas et Kleinbettingen, où, une piste cyclable d’environ quatre kilomètres, va favoriser la mobilité dite douce.

Les services de santé, depuis les hôpitaux jusqu’aux soins à domicile, vont à l’avenir collaborer plus étroitement, comme s’il n’y avait plus de frontières. Henri Lewalle de l’Observatoire européen de la Santé transfrontalière a un exemple concret dans les Ardennes, du côté de la frontière franco-belge.
“A Givet, lorsqu’on a fermé la maternité, la patiente ne pouvait plus accoucher à proximité de son lieu de vie. Elle devait faire une heure et demie de trajet pour pouvoir accoucher. Nous avons ouvert la frontière sur Dinant. Depuis lors on peut considérer que 95% de la population de ce territoire accouche à Dinant.”
Au Nord, près de Wincrange, on souhaite promouvoir davantage le tourisme en créant de nouveaux liens entre le centre de loisirs “Park Sënnesräich” et le parc à thème “Houtopia” à Houffalize. Entre Bastogne et Wiltz, on veut faire revivre l’époque où des travailleurs belges prenaient le train pour venir travailler dans les tanneries luxembourgeoises. Une demi-douzaine d’autres projets au moins sont en cours d’élaboration.