
Les prix médias Amnesty 2022 ont été décernés mardi soir dans trois catégories. Une mention spéciale a en outre été décernée à la journaliste de RTL Caroline Mart pour son émission Kloertext intitulée "Sexuelle Mëssbrauch a seng Konsequenzen" consacrée à l'abus sexuel et ses conséquences. Dans la catégorie "article", le prix a été attribué à Luc Caregari du site Reporter pour son article "Ausbeutung hinter legaler Fassade" ("L'exploitation derrière une façade légale"). Dans la catégorie "multimédia", le prix est allé aux journalistes du Wort Jean-Michel Hennebert, Sibila Lind, Dominique Nauroy et Christophe Olinger pour le sujet "Vom Opfer zur Täterin" ("De victime à criminelle") et dans la catégorie "audiovisuel", à Diana Hoffmann de RTL Radio pour son reportage "d'Pandemie huet vill Migranten ouni Pabeieren an eng prekär Situatioun bruecht huet" ("La pandémie a mis de nombreux sans-papiers dans une situation précaire").
32 contributions avaient été soumises pour ces Prix médias. C'est parmi celles-ci que le jury a choisi les récompensés. Le directeur général d'Amnesty Luxembourg, Olivier Pirot, explique pourquoi cette distinction est si importante :
"C'est important pour faire avancer la lutte pour les droits de l'homme, afin qu'elle reçoive la plus grande attention possible. Et je pense que ce travail journalistique permet de faire le lien avec ce qui se passe de manière dissimulée dans notre société."
Les contributions des journalistes ont ainsi porté entre autres sur les abus, l'exploitation, la violence et la problématique du logement. L'évocation de destins qui restent souvent invisibles au quotidien, mais qui sont plus fréquents qu'on pourrait le penser. Le journaliste de Reporter, Luc Carigari, a remporté le prix dans la catégorie "article". Il avait découvert une histoire où le personnel d'un restaurant avait été exploité.
"Le plus important pour moi est que mon travail puisse avoir encore plus d'impact grâce à ce prix. Et que plus de gens puissent remarquer ce qui se passe devant nos yeux. Quand on va au restaurant, on ne pense pas tout de suite que des gens puissent y être exploités. Mais malheureusement le cas sur lequel j'ai écrit, est loin d'être un cas isolé."
La journaliste de RTL, Caroline Mart, a pour sa part dédié sa récompense aux deux femmes qui avaient témoigné de ce qu'elles avaient vécu de terrible dans l'émission "Kloertext" consacrée aux abus sexuels. Caroline Mart considère que son métier de journaliste consiste à donner la parole aux gens et à les faire parler. Que signifie ce prix pour elle?
"Pour moi, c'est un encouragement à aborder d'autres sujets qui, malgré tout ce qu'on prétend, sont encore un peu tabous. Et si de tels reportages peuvent contribuer, même seulement un peu, à ce que de telles choses soient davantage discutées et attirent davantage l'attention, alors c'est bien."
Le reportage des journalistes du Wort primé dans la catégorie "multimédia" portait sur l'exploitation d'une jeune Brésilienne arrivée récemment au Luxembourg, à la destinée comparable à celles de nombreux sans-papiers, sur lesquels portait aussi le reportage radio de Diana Hoffmann. La journaliste de RTL s'était intéressée à des migrants qui travaillaient et vivaient tout à fait normalement, avant que la pandémie bouleverse leur vie.