
"Nous avons eu de la chance d'avoir réagi aussi rapidement", dit Michel Sinner, un habitant de Mersch. Avec sa compagne ukrainienne, ils ont accueilli à leur domicile trois parents de la jeune femme qui vivaient encore en Ukraine il y a trois jours. La guerre a bouleversé leur vie à tous. Et l'avenir reste incertain.
Ils sont parmi les premiers réfugiés ukrainiens à être arrivés au Luxembourg. Les parents et la grand-mère de Lilia Thomashchuk sont au Grand-Duché depuis samedi. A présent, ils vivent à cinq dans une maison à Mersch. Un bouleversement pour chacun, qui se demande de quoi sera fait demain.
Lilia THOMASHCHUK, une Ukrainienne qui vit au Luxembourg depuis juillet 2019: "Pour le moment, je n'en ai aucune idée. Nous allons maintenant leur procurer le nécessaire, comme des vêtements, par exemple, parce qu'ils ont emporté peu de chose."
Michel SINNER: "Je viens d'entendre que jeudi prochain, apparemment, un règlement européen va âtre publié sur la manière dont devront être pris en charge à l'identique tous les réfugiés d'Ukraine. Nous souhaiterions attendre ce qui sera concrètement décidé et voir ensuite ce que nous pouvons demander comme mesures ici au Luxembourg pour aider ces gens."
Les trois membres de la famille de Lilia avaient déjà quitté leur domicile dans le nord-est de l'Ukraine il y a deux semaines et s'étaient déplacés vers l'intérieur du pays pour se mettre en sécurité.
Michel SINNER: "Ils viennent en fait de Kharkov et nous nous inquiétions des mouvements de troupes russes. Nous avons décidé très rapidement de les faire passer à l'ouest de l'Ukraine. Nous voulions qu'ils passent les Carpates parce que nous espérions que les Russes ne pourraient pas tactiquement les franchir."
Dès la mi-février, les trois Ukrainiens ont commencé leur périple de plus de 1.500 kilomètres en train, destination Moukatchevo, dans une maison de location. Jeudi dernier, le jour de l'invasion militaire russe, il a fallu agir vite pour prendre immédiatement vendredi matin un bus pour Košice, (Cassovie) en Slovaquie. C'est là que les attendaient Michel Sinner et sa compagne, qui les ont emmenés ensuite avec leur voiture au Luxembourg.
Michel SINNER: "Nous avons le problème que la grand-mère de ma compagne est quasiment aveugle et que ses parents ne parlent aucune autre langue. Ce qui signifie que le seul choix que nous avions, c'était de nous assoir dans la voiture et nous avons décidé de faire les 3.000 kilomètres aller-retour, pour aller les chercher."
La soeur de Lilia est toujours avec son compagnon à Kharkov, une ville constamment bombardée.
Lilia THOMASHCHUK: "Ils sont dans une maison particulière, où ils se cachent actuellement au sous-sol. Ils disent encore avoir suffisamment de nourriture et d'eau ainsi que du bois pour se chauffer. Ma soeur dit sans arrêt que c'est ok, mais je m'inquiète parce que j'entends aux nouvelles que les commerces ont de moins en moins de nourriture."
Tenter de fuir ne serait pas une option actuellement, car les routes ne seraient plus sûres. Les deux soeurs sont d'accord sur ce point, elles sont en contact permanent.
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: