
Le Luxembourg commerce davantage avec la Russie que la plupart des pays de l'Union européenne. Un certain nombre d'acteurs économiques luxembourgeois ressentent les répercussions de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie. Ce constat a été fait jeudi lors de la réunion de la Commission parlementaire de l'Economie.
En outre certains produits luxembourgeois ne peuvent plus être exportés en Russie. Il s'agit des produits à double usage, qui peuvent être utilisés à des fins militaires. Le ministre de l'Economie, Franz Fayot, a interdit leur exportation. Et un contrôle strict serait effectué, selon le ministre.
Le point du contrôle laisse sceptique le CSV. Le député Laurent Mosar: "De même le contrôle de l'exécution correcte des sanctions en général. La semaine prochaine, nous vérifierons également auprès de la ministre des Finances, qui est en charge des douanes, comment les sanctions sont mises en œuvre dans la pratique."
Avant la guerre, 5,7% des exportations luxembourgeoises étaient destinées à la Russie. Maintenant ces activités sont bien sûr fortement limitées pour de nombreuses raisons.
Il y a un certain nombre d'entreprises russes avec lesquelles nous ne pouvons plus collaborer, explique Franz Fayot: "Ce sont toutes les entreprises qui figurent sur la liste des sanctions. Là il appartient bien sûr aux entreprises luxembourgeoises elles-mêmes de faire "due diligence", c'est-à-dire de faire une vérification, et dans ce cas de ne plus collaborer avec elles.
Le producteur de boîtiers en plastique Accumalux, par exemple, a un site en Russie. Kronospan, Guardian ou encore Paul Wurth sont d'autres acteurs qui ont des liens importants avec la Russie. Des entreprises luxembourgeoises sont aussi présentes en Ukraine, Arcelor Mittal par exemple.
"Arcelor Mittal possède une usine totalement intégrée près de Donbass. Elle est bien sûr à l'arrêt maintenant."
Jusqu'à présent, cependant, aucune des entreprises luxembourgeoises n'a rencontré, en raison de la situation actuelle, des difficultés affectant ses réserves vitales.
Une autre question figurait à l'ordre du jour de la Commission, celle des navires: "Ce qui relève de ma compétence, ce sont les yachts ou les navires d'oligarques ou de ressortissants russes, qui sont sur la liste des sanctions".
Aucun de ces navires ne figure actuellement dans le registre. Quant aux bateaux de plaisance, ils peuvent uniquement être la propriété de résidents luxembourgeois. Franz Fayot assure encore qu'aucune personne dont le nom figure sur la liste des sanctions, ne reçoit d'aides financières de la part du ministère de l'Economie.