Conseil national des femmes du LuxembourgDes différences frappantes subsistent entre les genres

RTL Infos
La secrétaire du Conseil national des femmes du Luxembourg, Joëlle Letsch, était l'invitée de la rédaction de RTL Radio mercredi matin.

De jure, c'est-à-dire légalement, nous sommes égaux, mais de facto, nous voyons toujours de grandes différences entre les genres dans notre société, selon la secrétaire du CNFL.

Joëlle Letsch a cité l'exemple du sport. Il y a ainsi toujours des divergences frappantes au niveau des gains financiers pour la course cycliste Paris-Roubaix. Alors que le vainqueur masculin de l'épreuve 2021 a empoché la somme de 30.000 euros, la gagnante de l'épreuve féminine a seulement obtenu 1.500 euros. Cela ne devrait plus être possible en 2021 et là, les femmes et les hommes devraient s'engager ensemble en faveur de l'égalité entre les sexes.

Le Conseil national des femmes du Luxembourg a retenu plusieurs priorités pour la rentrée 2021/2022. La semaine prochaine, une sculpture en bronze sera inaugurée à Ettelbruck pour symboliser les 100 ans du droit de vote des femmes au Luxembourg. Par ailleurs, en novembre va débuter, pour la cinquième fois au Luxembourg, l'"Orange Week", destinée à sensibiliser contre les violences faites aux femmes et aux filles. Avec 800 interventions de la police en 2019, les chiffres montrent qu'il reste beaucoup à faire, même dans un pays développé comme le Grand-Duché.

A propos de la présence des femmes dans les médias, Joëlle Letsch a parlé d'une grande déception. Le Grand-Duché a participé pour la cinquième fois au "Global Media Monitoring Project". Il s'agit de voir dans le monde entier, sur une journée, comment les femmes sont représentées dans tous les médias, de la presse écrite à la radio, en passant par la télévision. Avec 25% de présence féminine, le Luxembourg se classe juste dans la moyenne. Il n'y aurait pas de quoi être fier. Au contraire, il arriverait souvent que lorsque des femmes sont présentées en images, cela soit plutôt sous un aspect décoratif, que dans l'action. Il faudrait y travailler et changer cela, avec des modèles féminins forts. Les médias devraient avoir davantage le réflexe de demander des femmes ciblées pour des interviews ou des reportages.

Il ne serait pas acceptable non plus qu'il y ait encore en 2021 des tables rondes auxquelles seuls des hommes participent. Les femmes sont compétentes, professionnelles et elles sont une partie de la société. Elles enrichissent le débat et donc tout le monde devrait essayer d'impliquer des femmes actives dans la discussion, selon la secrétaire du CNFL. Le Centre d'information et de documentation CID Fraen an Gender avait mis au point, en collaboration avec le CNFL, la plateforme "Expertisa", afin de regrouper des expertes. Une plateforme que les journalistes auraient pu utiliser. Malheureusement elle a dû fermer par manque de moyens. Ce qui serait une partie du problème, selon Joëlle Letsch.

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