
“C’est un scandale et une attaque contre la délégation du personnel!”, dit l’OGBL. Quatre représentants du personnel de l’ASBL Caritas Jeunes et Familles (une entité juridique totalement séparée de Caritas Luxembourg) font actuellement l’objet d’une mise à pied pour faute grave, dans l’attente d’une décision définitive et d’un éventuel licenciement. Selon l’OGBL, on ne peut pas parler de divergences d’opinion, mais d’attaques directes contre la délégation et donc indirectes contre le personnel. Le syndicat a présenté son point de vue sur l’affaire mercredi lors d’une conférence de presse.
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En octobre, il a été dit lors d’une réunion qu’une des délégués serait dispensée de travail et qu’à partir de ce moment, elle ne travaillerait plus 40 heures par semaine comme éducatrice à la crèche, mais comme déléguée. Cependant une dizaine de jours plus tard, la personne concernée a reçu un courrier l’informant qu’elle était mise à pied pour faute grave, parce qu’elle ne s’était pas présentée au travail. Pourtant l’employeur était au courant, déclare l’OGBL, qui ne comprend pas non plus pourquoi il n’a pas été demandé plus tôt à la personne où elle était et pourquoi l’employeur n’a pas réagi plus tôt, ou envoyé un avertissement.
On aurait pu parler préventivement pour ne pas laisser les choses aller si loin, pour les clarifier, mais ce n’était absolument pas la volonté de la direction de faire un pas vers elle, regrette l’OGBL.
Mais cela ne s’est pas limité à cette personne. Trois autres délégués, présents à la réunion d’octobre, voulaient témoigner devant la justice, mais ils ont également été mis à pied, sous prétexte qu’ils s’étaient comportés de manière déloyale à l’égard de l’entreprise. La directrice a également porté plainte contre eux auprès de la police pour faux témoignages. L’OGBL a malgré tout continué à rechercher le dialogue avec la direction, mais sans succès.
Le syndicat regrette qu’à cause de toute cette affaire, les personnes qui font encore partie de la délégation du personnel n’osent pas faire leur travail correctement et que personne ne veut reprendre les postes qui ne sont plus occupés par peur des conséquences éventuelles. Les plus de 700 personnes qui travaillent pour Caritas Jeunes et Familles ne disposent désormais plus d’une représentation du personnel fonctionnelle et c’était clairement l’intention de la direction, estime l’OGBL, qui souhaite toujours trouver une solution.
“L’information que cette personne serait dispensée de travail, nous, en tant que direction, ne l’avons pas reçue”, dit en revanche Carina Gonçalves, directrice générale de Caritas Jeunes et Familles. Cela n’a pas été dit non plus au cours de cette réunion en octobre, comme l’affirme l’OGBL. C’est pourquoi la directrice a rédigé une attestation que ce qui avait été affirmé plus tard par les quatre délégués, n’était pas vrai. C’est sur cette base qu’elle a déposé plainte. En outre, la première personne n’a pas seulement été mise à pied parce qu’elle ne s’était pas présentée à son travail, mais il y a une deuxième faute grave, sur laquelle la directrice ne peut toutefois pas communiquer. Le dialogue social avec la délégation du personnel n’était plus évident depuis un certain temps, a indiqué Carine Gonçalves à RTL. Les cinq membres qui font encore partie actuellement de la délégation seraient cependant disposés à reprendre les heures désormais vacantes, a encore souligné la directrice.
La confiance de base est la chose la plus importante pour tout type de relation et pour un contrat de travail. Et il n’y a plus cette base par rapport aux quatre personnes, parce qu’elles ont fait de fausses déclarations, a insisté la directrice de Caritas Jeunes et Familles.