
La semaine dernière, à la Chambre, le député Michel Wolter a lancé des accusations graves à l'encontre de la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, en rapport avec l'affaire dite de l'abri de jardin. L'élu CSV a évoqué des faits ignorés jusqu'à présent. Ces nouveaux faits sont à rapporter à une tierce personne impliquée dans l'affaire, qu'a rencontrée notre collègue de RTL. Les éléments essentiels sont un mail adressé au ministère en date du 15 juillet et des photos prises sur place entre le 7 juillet et le 11 août.
Le 8 juillet, cette tierce personne, un expert, informe le garde-forestier que Roberto Traversini effectue des travaux au fameux abri de jardin. Selon le garde-forestier, le "toujours bourgmestre" n'avait pas d'autorisation pour le faire. Il donne alors rendez-vous à la tierce personne sur place en début de soirée. Il s'y rend et à sa grande surprise, apparaît Roberto Traversini. Le garde-forestier dit que ce dernier a déposé sa demande. Traversini ajoute qu'il a parlé le jour même avec un haut-fonctionnaire du ministère, qui lui a dit qu'il obtiendrait les autorisations nécessaires pour les travaux. Pour la tierce personne, le garde-forestier aurait dû signaler le délit au Procureur et avertir le ministère, qui aurait alors dû prononcer un arrêt de la construction. La semaine dernière, à la tribune de la Chambre, Michel Wolter avait expliqué que la tierce personne avait attiré l'attention du garde-forestier sur une série d'illégalités. Ce dernier aurait dû tirer le signal d'alarme, ce qui ne s'était pas passé.
Le 15 juillet, un e-mail est envoyé par la tierce personne à un fonctionnaire du ministère de l'Environnement. Il y figure notamment: „... Dans la réserve naturelle proprement dite, parcelle 1872, le bourgmestre est en train de reconstruire une construction jusqu'ici non-autorisée. Quelle est ton opinion?". Sept minutes plus tard, la tierce personne reçoit une réponse du fonctionnaire: „Nous allons regarder cela et nous vous donnerons un petit retour. Ne t'inquiète pas.“

Mais la tierce personne n'a obtenu aucun retour à cet "avertissement". Les questions sont de savoir si cet e-mail a été transmis en interne au ministère, si oui, quelles en ont été les conséquences et si non, pourquoi cela n'a pas été le cas. Selon Michel Wolter, avec ce mail, le ministère a été averti par écrit, mais il ne s'est rien passé.
Par ailleurs, entre le 7 juillet et le 11 août, des travaux se sont poursuivis près de l'abri de jardin, comme l'indiquent des photos, et bien que le contraire ait été affirmé. Certains photos prouvent que de la terre a été enlevée.


Les métadonnées de ces photos, qui ont été vérifiées, attestent que ces images ont effectivement été prises aux périodes précisées. Michel Wolter a annoncé la semaine dernière au Parlement qu'il allait transmettre au Parquet deux CD comprenant 61 photos.
Michel Wolter regrette enfin que la semaine dernière à la Chambre, la ministre ait seulement présenté à la fin du débat, "la pièce peut-être la plus importante de tout le dossier", l'autorisation de la mairie de Differdange pour l'abri de jardin datée de 1971.