
L'accusé est un homme de 39 ans, qui s'était défoulé sur Facebook à propos des migrants en février dernier. Au cours de la discussion, il avait écrit sur la page de la ministre le mot "Juddepak", que l'on pourrait traduire par "tas de juifs".
Il avait passé son enfance dans le quartier de la Gare de Luxembourg, où il aurait été d'usage de dire "Juddepak", avait déclaré le prévenu à l'enquêteur de la Police judiciaire en charge de ce dossier. Il aurait aussi ignoré que Corinne Cahen était juive, ce que le Président de la Cour n'a pas pu croire lundi matin. Selon l'enquêteur, au début de la discussion, les interlocuteurs s'exprimaient contre les migrants, mais quand une personne avait pointé la page Facebook de la ministre, l'accusé avait écrit ce mot, ce qu'il avait reconnu. Il n'était pas d'accord avec le gouvernement actuel et il était proche du CSV et de Jean-Claude Juncker, avait-il déclaré sur procès-verbal au bureau de police. "Monsieur Juncker dirait autre chose à Monsieur!", a ajouté le juge.
Le Président de la Cour n'en avait pas terminé pour autant: "Ca, ce que vous avez écrit, ce n'est pas normal! (...) Si vous avez grandi dans le quartier de la Gare, vous savez qui est Chaussures Léon. C'est la boutique de la famille de la ministre. (...) Quand on est un garçon de la Gare, on sait cela! Ce que vous donnez comme explication, c'est une idiotie totale!“
Il aurait ignoré que la ministre était juive, a alors répété le prévenu.
"Vous n'avez pas entendu qu'il avait été écrit "juif" sur les affiches électorales!? Ce sont des gens comme vous! Si c'est toléré, d'autres vont plus loin! Ce que nous avons eu, nous n'en voulons plus jamais!", a poursuivi le juge.
Le représentant du Parquet s'est également référé aux affiches électorales du DP qui avaient été taguées avec le mot "juif" l'an dernier. On a vu la semaine dernière en Allemagne à quoi peut mener l'antisémitisme. Il a requis une amende de 1.000 euros à l'encontre du prévenu.
Le verdict sera rendu le 31 octobre.