
Le Plan d’action national pour l’agriculture biologique PAN-Bio 2026-2030 a été présenté en décembre dernier par le ministère de l’Agriculture. Selon le Mouvement écologique, le plan n’est ni assez ambitieux ni assez concret. La Chambre d’Agriculture, quant à elle, n’est pas totalement insatisfaite, mais elle formule également plusieurs propositions.
D’après Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique, le précédent plan 2025 n’a pas rencontré le succès escompté. L’objectif était que 20 % de la surface agricole utile soit convertie en agriculture bio d’ici fin 2025. Seuls 10 % l’ont été. Au lieu d’élaborer un plan plus efficace, les objectifs ont simplement été revus à la baisse.
“Nous n’avons pas atteint les 20 % en 2025, alors nous visons désormais seulement 15 % d’ici 2030, il faudra s’y tenir. Et cela représente vraiment un nivellement par le bas, qui est dramatique à nos yeux.”
Selon Mouveco, fixer un objectif aussi bas envoie un message politique dramatique. Pour Christian Hahn, président de la Chambre d’Agriculture luxembourgeoise, le nouveau plan montre que les objectifs du précédent étaient trop ambitieux :
“Nous ne rendons pas service au secteur bio si nous le faisons croître trop rapidement et que le marché n’en paye pas le prix. Sinon, une exploitation qui s’investit beaucoup plus pour produire un bon produit bio n’en tire aucun bénéfice si elle ne reçoit pas en contrepartie un prix équitable.”
Le nouveau plan prévoit qu’un pour cent de surface supplémentaire soit consacré chaque année à l’agriculture biologique. Il es toutefois difficile de se baser uniquement sur la surface, estime Christian Hahn :
“Il faut bien l’évaluer quelque part. La surface est un facteur qui permet d’évaluer, mais il faut clairement comprendre que c’est un peu un mauvais indicateur, car elle ne reflète pas ce qui en sort comme produit.”
Pour sa part, le Mouvement écologique regrette que les acteurs de terrain n’aient pas été associés à l’élaboration du plan, mais souligne qu’il n’est pas trop tard pour les impliquer dans sa mise en œuvre. Tous les acteurs sont concernés et doivent collaborer. Blanche Weber précise :
“Il manque des structures de transformation. Il faut discuteravec les secteurs, et aussi avec les producteurs les plus anciens, selon ce qu’ils produisent : de quoi avez-vous besoin pour accéder à la transformation, comment pouvons-nous vous soutenir ? Un bon exemple est celui du programme Supply for Future du ministère de l’Éducation et de Restopolis. Pour les producteurs de viande, cela a été une formidable opportunité. On pense maintenant avoir une annonce claire dans ce plan d’action bio, où la ministre de l’Agriculture dit : nous distribuons désormais ces produits dans toutes les cantines publiques. Nous avons déjà acquis de l’expérience, même si on ne peut pas comparer les écoles aux maisons de retraite, mais les bases sont là. Maintenant, on répète que c’est une bonne chose. Et cela sera suivi, avec l’idée de voir comment l’étendre.
Pour Christian Hahn, un tel projet ne suffit pas à lui seul pour inciter les exploitations à se convertir :
“Celui qui s’engage et franchit le pas de la conversion au bio, que ce soit pour l’ensemble de son exploitation ou une partie de sa production, doit veiller à diversifier suffisamment ses marchés et ne pas se reposer uniquement sur le programme Supply for Future.”
Blanche Weber comme Christian Hahn jugent essentiel de travailler avec le secteur pour convertir au bio des exploitations conventionnelles et les motiver grâce à un accompagnement adapté. Pour le Mouvement écologique, le plan manque toutefois d’ambition. Blanche Weber a rappelé que dans le précédent plan d’action bio, l’objectif était encore une conversion totale à l’agriculture biologique à l’horizon 2050. Dans le nouveau plan, il n’en est plus question, ce qui est regrettable.