
Le 12 novembre, l'Association de Protection des Animaux de Schifflange (APAS) ainsi que plusieurs autres organisations de protection des animaux et des personnes privées ont accueilli près de 200 animaux récupérés dans une maison. Dans ce cas précis, la propriétaire des animaux avait concrètement demandé de l'aide sur les réseaux sociaux. L'ASBL "Een Herz vir Streuner" et l'APAS se sont alors rendues sur place afin d'examiner la situation. Sur base volontaire, tous les animaux ont été récupérés et l'opération a duré plusieurs heures.
Cette opération de sauvetage se distingue des autres sur plusieurs points. A commencer par le nombre d'animaux qu'il a fallu placer, mais aussi par le genre d'animaux dont il s'agissait. Ainsi en plus d'une trentaine de chats "traditionnels", il y avait aussi un Savannah et un Serval. Au Luxembourg, le propriétaire d'un chat Serval doit avoir une autorisation spéciale, ce qui n'était pas le cas ici. Une situation qui était aussi nouvelle pour l'APAS, explique Sacha André, le président de l'association.
Il est rare que la personne concernée se rende compte que la situation ne peut pas continuer ainsi. Les associations sont généralement alertées par l'entourage de tels abus et l'informateur reste anonyme afin d'éviter tout problème supplémentaire. Les associations cherchent alors à établir le contact avec la personne concernée, mais souvent, celle-ci n'ouvre pas sa porte, selon Sacha André. Cela dépend si elle coopère ou pas. Si c'est le cas, il arrive qu'elle signe l'abandon de ses animaux. Si le propriétaire ne se montre pas coopératif, l'association doit avoir recours à l'aide de la police ou de l'Inspection vétérinaire. Ces dernières interviennent également pour libérer des animaux de leur situation précaire si le parquet décide une saisie. Une association de défense des animaux n'a en effet pas le droit d'emmener des animaux de sa propre initiative. L’APAS fait un rapport et décide éventuellement de porter plainte, en fonction de la gravité du cas. Lors de telles actions, on tente toujours d'éviter l'escalade.

Il y a aussi les cas de syndrome de Noé - "Animal hoarding" en anglais - qui décrit une pathologie qui amène des gens à posséder un grand nombre d'animaux tout en ne parvenant pas à s'en occuper correctement. Parmi ces animaux se trouvent souvent des chats qui n'ont pas été pucés ni stérilisés, voire des chiens errants, pour lesquels le propriétaire n'a pas les autorisations nécessaires et qui n'ont pas été dressés. Dans ce contexte, il arrive parfois que le casier de la personne concernée ne soit pas vierge et elle ne devrait donc pas garder ces chiens.
Si une opération de libération est planifiée plus longtemps au préalable, l'association peut organiser l'hébergement des animaux. Quand les capacités de l'asile pour animaux de Schifflange ne suffisent pas pour accueillir chats et chiens, l'association doit recourir à d'autres organisations. Si des animaux ont subitement besoin d'être hébergés rapidement, alors la spontanéité est requise. Le transport aussi est une question d'organisation. Ces animaux doivent être examinés par un vétérinaire et peuvent également avoir besoin d'un traitement. Là aussi, tout est documenté pour que tous les acteurs impliqués dans cette action soient également protégés.
Il faudrait faire davantage de contrôles afin de pouvoir intervenir plus tôt. Malgré la loi sur la protection des animaux, il reste toujours de nombreux chats qui ne sont ni pucés ni stérilisés. Cela éviterait pourtant des souffrances inutiles. D'autres communes pourraient soutenir financièrement la stérilisation ou la castration. Ce qui pourrait aider aussi, ce serait l'enregistrement obligatoire de tous les animaux dans les mairies. L'APAS souhaiterait enfin trouver auprès de la police des interlocuteurs ayant reçu une formation en matière de législation sur la protection des animaux, selon Sacha André.