
Facebook a dû mal à jouer la transparence avec ses données ? Qu'importe, il est possible d'utiliser son interface pour y trouver d'intéressantes informations. C'est ce qu'ont fait Manuel Beltrán et Nayantara Ranganathan, deux chercheurs qui viennent de mettre en ligne un outil basé sur les données de Facebook.
Grâce à leur travail, il est maintenant possible de voir quand, comment et combien d'argent les 150 partis politiques de 34 pays ont investi sur Facebook et Instagram pour y mettre en avant leurs messages.
La plateforme, nommée Ad Watch, permet de facilement consulter ces données grâce à des diagrammes simples. On apprend, entre autres, que Donald Trump a dépensé au moins cinq millions de dollars pour vanter son mur, qu'En Marche, le parti d'Emmanuel Macron, a investi un peu plus de 10.000 euros dans ses messages... Et que les partis luxembourgeois ont évidemment utilisé les réseaux sociaux pour promouvoir leurs idées.

Quels sont les partis à avoir payé? Entre le 16 décembre et le 22 juillet, on peut constater que les sept partis représentés à la Chambre (CSV, DP, LSAP, déi gréng, ADR, déi Lénk et Piraten) ont dépensé diverses sommes d'argent pour promouvoir leurs idées sur les deux réseaux sociaux.
Qui était ciblé? Hormis les mois de 17 ans, logiquement peu concernés puisque non-votants en 2019, toutes les catégories d'âge, hommes et femmes, ont été ciblés par plus de 300 voire 400 publicités.
Quand ont été diffusées les publicités? La période la plus propice aux messages sponsorisés est celle d'avant les élections européennes. D'ailleurs, le nombre de publicités a fortement régressé après le 26 mai.
En tête, on retrouve le LSAP, qui a compté jusqu'à 18 publicités actives le 7 mai, mais aussi 15 le 29 avril et 12 le 17 mai. Déi gréng le suit de près avec 13 publicités en ligne le 24 mai, deux jours avant le vote. Le CSV en avait dix le 22 mai. Après un test mené par Charles Goerens en mars, le DP n'a jamais dépassé les cinq pubs actives durant le mois de mai. L'ADR, les Pirates et déi Lénk sont restés à des niveaux moindres.
Quels messages ont été mis en avant? Les partis ont payé pour renforcer la diffusion de certains posts comme des photos Instagram ou plus simplement le contenu de leur programme électoral, certains candidats de leurs listes, des liens vers leur site web...
Ont-ils dépensé beaucoup d'argent? Les créateurs d'Ad Watch expliquent qu'il est difficile de déterminer les montants exacts dépensés, Facebook ne permettant l'accès qu'à des estimations. Manuel Beltrán et Nayantara Ranganathan ont donc "calculé des moyennes" basées sur les données accessibles. Ainsi, déi gréng aurait été le plus dépensier avec environ 27.499€, contre 15.574 pour le LSAP et environ 5.000€ pour le CSV, l'ADR et le DP. Déi lénk aurait financé ses publicités à hauteur de 4.100€, les Pirates pour un peu moins de 1.400€.
Pour quel résultat? Là encore, les chiffres de la plateforme sont des estimations. D'après les données publiées, les Verts ont obtenu plus de 5,8 millions de vues pour 103 publicités. C'est bien plus que le LSAP, qui atteint 3,5 millions de visualisations pour ses 153 messages. Le CSV a créé 73 publicités, le DP 42, déi Lénk s'est arrêté à 33, les Pirates 23 et l'ADR 18.
Toutes les données concernant le Luxembourg sont disponibles ici.