L'avis du StatecComment le coronavirus pourrait ralentir l'économie luxembourgeoise

Thomas Toussaint
Si l'épidémie de coronavirus venait à s'aggraver, les conséquences financières sur le Luxembourg pourrait être importante.
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Le nord de l'Italie est paralysé, la Chine tourne au ralenti, des événements culturels et sportifs sont annulés dans plusieurs pays... Au-delà des effets sanitaires, l'épidémie de coronavirus pourrait certainement nuire à l'économie luxembourgeoise. Notamment si elle se renforce.

Dans un document publié ce lundi 9 mars, le Statec juge que l'apparition et la propagation de la maladie intervient "dans un contexte économique mondial déjà difficile et constitue un facteur supplémentaire de ralentissement".

Premier pays touché: la Chine, où la maladie est apparue. Mais d'après le Statec, le pays "la Chine ne représente pas – de manière directe – un partenaire économique majeur pour le Luxembourg".

En revanche, du fait du ralentissement de la production et de l'approvisionnement des entreprises, le ralentissement de la Chine aura des conséquences sur l'économie mondiale et sur les partenaires du Grand-Duché."On peut en premier lieu penser à l’Allemagne, le premier pays partenaire du Luxembourg à l’export comme à l’import, qui avait déjà souffert d’un ralentissement de la demande chinoise suite à la montée des tensions commerciales avec les Etats-Unis." Reste à déterminer dans quelle mesure les pays européens, plus proches géographiquement et économiquement du Luxembourg, seront affectés.

SI L'ÉPIDÉMIE S'AGGRAVE, LA CROISSANCE SERAIT MOINS FORTE

En revanche, s'il est encore tôt pour estimer les conséquences réelles de l'épidémie, les effets produits sur les marchés seront potentiellement importants: "L’environnement boursier est déterminant pour l’économie luxembourgeoise. Il conditionne la performance de beaucoup d’acteurs du secteur financier, à commencer par les fonds d’investissement et les activités qui s’y rattachent, ainsi que les recettes fiscales correspondantes. À cet égard, le repli observé récemment sur les places financières est de mauvais augure."

Concrètement, compte tenu du ralentissement de la zone euro, la simulation du Statec (basé sur une étude d'Oxford Economics) en cas "d'aggravation réelle de la crise" devrait conduire à "un net freinage de la croissance du PIB, provenant surtout du secteur financier, et un ralentissement prolongé du marché du travail". La progression du marché du travail marquerait le pas, de 2,5% de croissance à 2%. "Le choc sur l’économie luxembourgeoise serait comparable au choc négatif subi lors de la crise des dettes souveraines en zone euro de 2012/2013, limitant la croissance du PIB national à +0.7% en 2020 et +1.7% en 2021 (choc amplifié par une baisse de plus de 10% des indices boursiers)".

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