Bien sûr la Schueberfouer qui débute ce mercredi 23 août doit rester un moment convivial, un espace de détente où l'on laisse les soucis à l'entrée.
Mais cette année, difficile de faire abstraction du contexte quelque peu anxiogène aux frontières. Une série noire qui a touché plusieurs parcs d'attractions. En France tout d'abord, où un adolescent de 17 ans a été tué et une femme de 19 ans gravement blessée dans un accident survenu sur un manège à Luna Park au Cap d'Agde dans la nuit de samedi 5 à dimanche 6 août.
En Belgique ensuite, où sept personnes ont été blessées, dont trois grièvement, sur une attraction à sensation dimanche 13 août à La Hestre.
Enfin en Allemagne, où un bassin s’est en partie effondré sur les montagnes russes environnantes à Europa-Park le lundi 14 aôut.
Laurent Schwaller, chef de service à la Ville de Luxembourg, arpente les allées de la fête foraine à quelques jours de l'ouverture, fourmillière où tout le monde s'active au son des camions, des perceuses et des visseuses. "En tant que ville, on met tous les moyens en œuvre pour que le risque soit le plus faible possible [...] Le rôle du visiteur est aussi important. Sur tous les manèges, il y a des règles de conduite. Donc je lance un appel à tous les visiteurs à les respecter."
En ce dernier weekend avant l'ouverture, nous sommes à la dernière étape des contrôles, qui commencent par les certificats que tous les participants doivent remettre à la ville avant de pouvoir prétendre à s'installer sur le site. "Certains candidats sont écartés dès cette étape", affirme Laurent Schwaller.
Tous les restaurants, manèges ou autres attractions présents sur la foire font l'objet d'une visite préalable de responsables de la Ville de Luxembourg. Lors du montage, c'est l'organisme agréé Luxcontrol qui est chargé du contrôle sur site.
"Il s'agit d'un travail conséquent qui s'étend du début à la fin du montage. Trois ou quatre semaines sont nécessaires pour contrôler un métier après l'autre", précise le chef de service de la ville.
Car le travail n'est pas simple, du fait que le sens de certains manèges ou attractions est de se faire un peu mal. Alors il s'agit de vérifier les moindres détails : pas de vis qui dépasse dans un cylindre géant où le visiteur est déséquilibré, aucun trou où un doigt pourrait rester coincé... Rien n'est laissé au hasard. Viennent ensuite les tests à vide pour chaque manège.

Enfin, il existe un commodo qui définit les règles de conduite des forains. Également un concept de sécurité qui définit les procédures sur le site, de même que des plans d'intervention de la police et du CGDIS en cas de nécessité d'évacuation.
Le dernier accident mortel sur la Schueberfouer a eu lieu en 2000. Un Finlandais de 31 ans avait été éjecté du Grand 8 mais l'enquête n'avait révélé aucun dysfonctionnement de l'attraction, plutôt le comportement dangereux du défunt qui était en état d'ébriété. D'autres incidents moins graves ont eu lieu, notamment en 2011 quand une nacelle du manège Top Spin s'est retrouvée bloquée à plusieurs mètres de hauteur, nécessitant l'intervention des pompiers de la Ville. Un problème mécanique indétectable était à l'origine de la panne. Ou en 2012, quand l'un des deux élastiques de l'attraction à sensation Catapult s'est rompu. Une grosse frayeur pour les deux passagers qui s'en sont sortis indemnes.