Xavier Bettel"C'est Poutine qui se frotte les mains en ce moment"

Céline Eischen
traduit pour RTL Infos
À la Chambre, les actions des États-Unis et les relations entre l'Europe et les États-Unis ont fait l'objet de nombreuses discussions.
Russesch Holzpoppe mat Biller vum Trump a Putin dekoréiert.
© AFP/Olesya KURPYAYEVA

La politique étrangère a fait l’objet d’un débat mardi à la Chambre, où les sujets à discuter ne manquaient pas. À la demande des Pirates et de la Gauche, une séance de questions-réponses a été organisée sur les revendications actuelles du président américain Donald Trump concernant le Groenland, et les députés ont également échangé leurs points de vue sur la position du Luxembourg vis-à-vis du Venezuela.

Les relations avec le grand frère outre-Atlantique doivent être sérieusement repensées : c’est l’avis de Sven Clement, du Parti Pirates, et de David Wagner, (déi Lénk), qui ont demandé la tenue de cette séance d’actualité.

Pour Sven Clement, les discussions autour du Groenland constituent “un test": “Le danger ne réside pas dans un conflit ouvert, mais dans le fait que nous montrons à l’étranger que la solidarité devient soudainement négociable. Et le Groenland est un test. L’intégrité territoriale au sein de l’alliance est-elle inviolable ou négociable ?

David Wagner a souligné que l’enlèvement du président vénézuélien Maduro par les États-Unis est illégal. L’Europe dispose de moyens suffisants pour faire pression sur les États-Unis ; “elle doit s’éloigner de l’atlantisme”, a ajouté David Wagner.

Les partis majoritaires se sont exprimés de manière plus nuancée. Le chef du groupe parlementaire CSV, Laurent Zeimet, a souligné que malgré toutes les critiques justifiées, ils souhaitaient maintenir l’amitié avec les États-Unis: “au cours de ces 80 années, nous avons traversé beaucoup d’épreuves ensemble. Nous avons toujours été étroitement liés, même lorsque nous étions souvent en désaccord. Et il n’y a pas si longtemps, nous avons également critiqué les anciens présidents américains pour leurs politiques, qu’il s’agisse d’Obama ou de Bush. Mais nous n’en sommes jamais arrivés au point où nous devons nous demander si cette amitié était terminée. Nous ne voulons certainement pas mettre fin à cette amitié”.

Gusty Gras (DP) s’est clairement prononcé contre toute revendication territoriale des États-Unis envers le Groenland et le Danemark. En fin de compte, il s’agit de l’avenir de l’OTAN.

Des critiques plus virulentes à l’égard du gouvernement sont venues des bancs de l’opposition: le député LSAP Yves Cruchten s’attendait à une position plus claire de la part du gouvernement sur la question du Venezuela: “il s’agit d’une violation du droit international par les États-Unis. Point final. Et je le dis délibérément aussi clairement, car c’est précisément ce qui manque actuellement. De la clarté. Trop de gouvernements se cachent derrière des platitudes diplomatiques pour ne pas avoir à dire qui enfreint les règles ici. Le communiqué de notre gouvernement fait malheureusement partie de ceux-là”.

Le ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel a appelé à la solidarité européenne et a également souligné que dans les deux cas, le droit international devait être respecté. “Nous sommes les plus petits sur la carte du monde. Et si le droit international peut être bafoué et que nous nous contentons tous de dire ‘oui et amen’ et de l’accepter, cela représente également un danger pour un petit pays comme le Luxembourg. Le droit international est en fait notre meilleure garantie”.

Il est important que nos partenaires internationaux continuent à coopérer”, a ajouté le ministre des Affaires étrangères, “car toute cette situation ne fait plaisir qu’à une seule personne qui se frotte les mains en ce moment, et cette personne siège au Kremlin”.

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