8 marsC'est la journée mondiale des droits des femmes

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Cette journée de sensibilisation permet de faire le point sur la situation des femmes, dans le monde, mais aussi dans son propre pays. Si beaucoup de choses vont bien au Luxembourg, la situation pour beaucoup de femmes n’est pas si rose que ça.
© Olivier Landini

Cette journée vise à éveiller les consciences sur les droits des femmes dans le monde entier, dont la situation s’est aggravée partout dans le monde durant la pandémie. L’initiative de la Journée mondiale des droits des femmes vient de l’Organisation des Nations Unies, dont la charte rédigée en 1945 voulait œuvrer dans le sens de l’égalité des sexes. Certains pays ont cependant anticipé et organisé une Journée des droits des femmes avant cette date, au début du XXe siècle.

Aujourd’hui, l’ONU rappelle quelques faits :

-        70% des personnes qui vivent dans la pauvreté (1,3 milliard en tout) sont des femmes.

-        La production de nourriture est assurée à plus de 50% par des femmes, or elles ne sont propriétaires que de moins de 10% des terres.

-        80% des personnes déplacées pour des catastrophes, notamment climatiques, sont des femmes.

Il est faux de croire que tout va bien au Luxembourg sur cette problématique, car il reste encore pas mal de progrès à accomplir. Une grève des femmes est prévue pour la troisième année consécutive, le 8 mars, afin de sensibiliser l’opinion publique sur ce qu’il est difficile d’imaginer dans un pays riche et avancé comme le Grand-Duché.

Pour en savoir plus sur les principales revendications de la situation des femmes au Luxembourg, nous avons contacté Milena Steinmetzer, secrétaire centrale adjointe de l’OGBL.

RETRAITES: 44% DE DIFFÉRENCE ENTRE HOMMES ET FEMMES

L’écart salarial entre hommes et femmes au Luxembourg existe, même s’il est le plus faible en Europe. Cependant, c’est du côté des heures de travail qu’il faut regarder et les chiffres sur l’année où les femmes ne perçoivent pas les mêmes bonus ou primes que les hommes. Les postes à temps partiel sont souvent occupés par des femmes, que ce soit par choix ou pas. Lorsque c’est un choix, c’est généralement pour pouvoir s’occuper des enfants ou d’un proche. Et le temps partiel est imposé dans le nettoyage ou le commerce, qui sont des secteurs très féminisés. Les conséquences sur la qualité de vie des femmes sont importantes car le risque de pauvreté est plus important. Et cela se répercute sur les retraites où l’écart entre hommes et femmes atteint 44%, le taux le plus élevé de l’UE (chiffre : OCDE) !

RÉDUIRE LE TEMPS DE TRAVAIL

La réduction du temps de travail doit concerner tout le monde afin de trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Celles et ceux qui ont des enfants à charge rencontrent de plus en plus de difficultés. Or 80% des familles monoparentales sont des femmes. Le temps que les femmes passent à s’occuper de leurs enfants par exemple, n’est pas rémunéré et cela engendre des inégalités, qui se répercutent notamment sur les retraites.

CONGÉ DE NAISSANCE

Un autre système devrait se substituer au congé de naissance, qui permettrait au partenaire d’avoir 10 jours de congés pendant le congé maternité de la maman. Une répartition plus juste qui permet aussi un meilleur équilibre dans l’organisation du couple pour s’occuper du bébé. Autre problème, mais qui devrait être résolu prochainement, selon le ministère : la loi est genrée et n’accorde le congé de naissance (anciennement congé paternité) qu’aux pères, excluant de fait les couples lesbiens.

ACCÈS AU LOGEMENT PLUS DIFFICILE

L’accès au logement est difficile au Luxembourg. Il l’est encore plus pour les femmes seules avec enfants, racisées, queer, etc. qui souffrent de discrimination. Les femmes qui ont subi des violences domestiques et sont logées dans des foyers ne parviennent pas à en sortir car elles n’arrivent pas à avoir un logement. Elles se retrouvent dans un cercle vicieux et certaines retournent chez leur compagnon violent car elles ne voient pas d’autres solution. Et autre problème : ces foyers sont saturés et ne peuvent plus réagir aux situations d’urgence.

LE FÉMINICIDE N'EXISTE PAS DANS LA LOI LUXEMBOURGEOISE

Il est nécessaire d’intégrer les violences psychologiques dans la loi d’une part et d’autre part, d’y ajouter la définition du féminicide. Ce terme n’existe pas dans le droit luxembourgeois. Il n’existe donc pas de statistique au Grand-Duché. Les violences gynécologiques et obstétriques sont un sujet sur lequel de plus en plus de femmes témoignent et doivent être entendues afin de prendre les mesures qui s’imposent.

RENDEZ-VOUS À 17H

Le cortège est appelé à se rassembler place de la Gare à 17h. Il défilera avenue de la Liberté pour rejoindre la place d’Armes où des discours seront prononcés à partir de 18h30, dans une ambiance amicale.

Plus d’informations : 

fraestreik.lu/


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