
Le Luxembourg se lance dans la bataille scientifique. En parallèle des soins apportés aux patients qui ont contracté le coronavirus, le pays a lancé mercredi une grande étude "visant à évaluer les dynamiques de la propagation du COVID-19 dans la population luxembourgeoise".
Baptisée "CON-VINCE" et impliquant plusieurs ministères et partenaires scientifiques et académiques, elle doit permettre, en testant environ 1.500 personnes asymptomatiques, de réaliser un suivi poussé des individus ne présentant pas ou peu de symptômes. L'initiative "permettra de générer des données précises sur la transmission de la maladie et aidera ainsi le gouvernement à prendre des décisions basées sur des données scientifiques dans le courant des semaines à venir" précisent les ministères de la Santé et de la Recherche, ainsi que le Fonds national de la Recherche.
L'étude est ambitieuse et pourrait notamment lever le voile sur certaines données encore indisponibles: "À notre connaissance, les porteurs asymptomatiques ne sont pas systématiquement suivis dans aucun des pays affectés par la pandémie du COVID-19. Pour cette raison, il n’y a pas actuellement de données exhaustives sur l’épidémiologie et les dynamiques de la maladie" a expliqué le professeur Rejko Krüger, du Luxembourg Institute of Health.
"En parallèle, le projet nous permettra d’évaluer l’impact psychologique et socio-économique de mesures de confinement à long terme sur la population générale et nous aidera à définir un cadre temporel plus clair pour lever les actuelles stratégies de confinement strictes" complète le professeur Ulf Nehrbass, directeur du LIH et porte-parole de la task-force Covid-19 de Research Luxembourg.
Afin d'évaluer le rôle des personnes ne présentant pas ou peu de symptômes dans la propagation du virus, le gouvernement veut "effectuer des tests systématiques sur un échantillon représentatif de la population afin d’identifier tous les porteurs du virus SARS-CoV-2, indépendamment de leurs symptômes".
Les 1.500 individus testés sont âgés de plus de 18 ans et vont être classés dans trois groupes:
L'échantillon devant représenter fidèlement la composition de la population luxembourgeoise, il est impossible de se porter volontaire pour y participer.
Tous seront recrutés par TNS Ilres et soumis à un dépistage au Covid-19 grâce "à une technique spécifique de biologie moléculaire". Ils subiront des prélèvements naso-pharyngés puis des prises de sang ou d'autres échantillons.
"Les participants dont le test est positif, mais qui présentent des symptômes faibles ou nuls seront suivis sur une période d’un an, de même que les personnes non-infectées. Les patients symptomatiques seront par contre exclus de l’étude et recevront le traitement habituel."