
L'affaire CSV Frëndeskrees, pour laquelle elle avait comparu devant le tribunal, "n'a pas été un moment facile", reconnaît Elisabeth Margue, nouvelle coprésidente du CSV aux côtés de Claude Wiseler, dans l'interview accordée ce lundi à RTL Radio. Elle a été élue à la tête du parti avec 86,5% des suffrages.
Et à ses yeux, Georges Pierret "a bien fait d'en parler" samedi au congrès du CSV organisé à Ettelbruck. L'ancien membre de l'asbl Frëndeskrees a marqué ce congrès en exprimant de manière émouvante à quel point "ça a fait mal" d'avoir été mis au banc des accusés par son propre parti.
Le fait d'avoir reparlé au congrès de l'affaire est le "meilleur exemple" pour montrer la volonté "que nous voulons être transparents". Une priorité affichée par l'équipe qui s'est réunie l'an passé autour du président du CSV, Claude Wiseler. Tout comme le dialogue car "en parlant avec quelqu'un on peut déjà résoudre un certain nombre de problèmes", pense Elisabeth Margue. Pas question en tous cas de laver le linge sale en famille à l'avenir, puisque des "règles claires" de travail en commun ont été fixées.
Après l'acquittement en décembre de tous les protagonistes de cette affaire politico-judiciaire, il est temps de tourner la page: "nous regardons vers l'avant et nous nous concentrons sur l'essentiel: faire de la politique. C'est la raison pour laquelle nous sommes là et c'est par ce biais que nous pourrons changer les choses. Nous nous concentrons sur le rassemblement des troupes, les thématiques et évidemment sur les élections de 2023".
Le CSV s'est fixé comme but de "travailler autrement ensemble" en interne et de "renforcer notre image vers l'extérieur" car "nous sentons bien qu'il n'est pas toujours très clair aux yeux du grand public quelles sont les causes que défend le CSV", résume le nouvelle coprésidente. L'objectif étant de clarifier la position du parti sur les grands sujets qui le préoccupent et de le faire savoir. D'autant que "nos députés font du très bon travail, mais nous avons des difficultés à le faire savoir", reconnaît Elisabeth Margue.

Jusqu'ici le parti est parvenu a "rajeunir son image dans les communes" car le processus de renouveau a fonctionné et a permis d'avoir "beaucoup de jeunes dans les communes", assure Elisabeth Margue. Elle cite les noms d'Anne Logelin (vice-présidente), Christophe Hansen, Stéphanie Weydert (nouvelle cosecrétaire générale) et Luc Theisen. Elle laisse aux anciens "poids lourds" du parti comme Ali Kaes, Jean-Marie Halsdorf ou Viviane Reding la décision de se représenter ou pas aux élections à venir.
Donner "une nouvelle ligne conductrice" au parti signifie "se concentrer sur les thèmes qui font partie de notre ADN, comme évidemment les sujets plus sociaux, très clairement le logement et les sujets' économiques".
Elle salue l'accord de principe trouvé par la tripartite la semaine passée et son "compromis très raisonnable" qui permettra aux entreprises luxembourgeoises de "rester très compétitives".
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Le crédit d'impôt salaire va alléger les impôts, mais "ce qui va devenir intéressant à voir c'est jusqu'où la classe moyenne sera concernée". Car la prime énergie de 200€ à 400€ va donner un coup de pouce à ceux qui bénéficieront de l'allocation de vie chère, "mais il y a aussi d'autres gens qui ont des problèmes et que ça devient toujours plus difficile pour beaucoup de gens de joindre les deux bouts en fin de mois." À cause des prix du logement et de la flambée actuelle des prix des énergies.
Le CSV demande un ajustement de l'allocation vie chère (pour l'obtenir, une personne ne peut gagner plus de 2.396€ brut/mois), mais "nous demandons aussi une indexation du barème d'imposition pour que les gens ne glissent pas trop vite dans les catégories d'imposition les plus élevées".
Il "faut veiller que tout cela se fasse progressivement", mais pour le moment "nous sommes dans une situation où la classe moyenne est très sollicitée parce qu'on arrive très vite au niveau d'imposition le plus élevé et qu'en touchant plus grâce à l'index, on paie aussi plus d'impôts à nouveau", résume Elisabeth Margue.
Il ne s'agit "pas de donner plus de pouvoir d'achat aux gens, mais de compenser la perte de pouvoir d'achat", explique-t-elle.