
Le gouvernement luxembourgeois a présenté cette semaine une série de mesures "visant à atténuer la pression inflationniste sur les entreprises et sur les ménages". Un paquet qui n'a pas convaincu l'OGBL.
Ce samedi, le syndicat a voulu "préciser" les raisons qui l'ont poussé à ne pas signer la proposition faite par le gouvernement lors de la tripartite. Dans un communiqué envoyé à la presse, l'OGBL affirme que "ces précisions apparaissent malheureusement nécessaires au regard de la présentation douteuse, pour ne pas dire mensongère, qui en est faite par le gouvernement et le patronat depuis lors".
"Il n'est pas vrai que l'OGBL a refusé de donner son accord à la proposition gouvernementale au motif qu’il aurait voulu que les salariés qui gagnent jusqu’à 160 000 euros par an soient également compensés pour le report de la tranche indiciaire prévue normalement en août 2022" écrit le syndicat. "Une vaste blague" insiste l'OGBL qui se lamente du fait que ces accusations aient pu "trouver un certain écho dans la presse".
L'organisation syndicale affirme que la véritable raison derrière son refus de signer l'accord était qu'elle ne pouvait pas "donner un chèque en blanc au gouvernement pour une manipulation de l'index jusqu'en 2024". L'OGBL dit ne pas pouvoir accepter le report de plusieurs tranches indiciaires et le fait qu'elles soient financées "par le pouvoir d'achat de quasiment l'ensemble des salariés, pensionnés et de leurs familles".
Pour le syndicat, il s'agit "d'une vaste opération de redistribution inversée, du bas vers le haut". Et l'OGBL n'est pas plus tendre envers les mesures de compensation du report du prochain index à l'année prochaine.
D'après l'organisation syndicale, elle ne suffiront pas à compenser la tranche indiciaire prévue au mois d'août 2022. "Pour 40% de la population (les «riches» selon le gouvernement), il n’y aura déjà pas de compensation du tout (0); et pour environ 20% de la population, la compensation sera anecdotique par rapport à la perte de revenu engendrée par le report de la tranche indiciaire".
Et ce ne serait pas tout si l'on en croit le communiqué de l'OGBL. Le syndicat s'inquiète du devenir des éventuelles tranches indiciaires qui pourraient encore être dues en 2022 et en 2023. "Les signataires de l’accord 2-1⁄2-partite se sont bien mis d’accord sur un délai minimal de 12 mois entre deux tranches indiciaires et il y a donc un véritable risque qu’une tranche indiciaire soit perdue de façon définitive, si l’inflation se maintient au niveau actuel, voire augmente encore davantage".
L'organisation syndicale va jusqu'à remettre en question le nom choisi par le gouvernement pour ce paquet de mesures ("paquet de solidarité") en estimant qu'il "y a manifestement tromperie sur la marchandise". Un communiqué cinglant auquel le gouvernement, le patronat et les syndicats signataires de l'accord auront assurément une réponse dans les prochains jours.