Vignoble luxembourgeoisLa bactérie va nuire aux parcelles pendant un an

Monica Camposeo
adapté pour RTL Infos
De nombreuses questions restent en suspens concernant la bactérie qui affecte certains sites du vignoble luxembourgeois à la Moselle. Tôt lundi matin, les opérations visant à arracher et à éliminer les ceps de vigne touchés ont débuté.
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Le Luxembourg est le pays le plus septentrional où la bactérie prénommée Xylella fastidiosa a été détectée, a indiqué la ministre Martine Hansen. Il n’était pas possible de se préparer à un tel scénario, mais les mesures nécessaires seront désormais mises en œuvre.

Cette bactérie s’attaque à de nombreuses espèces végétales, dont la vigne. Les plants contaminés se dessèchent progressivement puis meurent. Comme l’été a été particulièrement chaud, il est toutefois difficile de distinguer une plante desséchée d’une plante malade.

La bactérie a pu être détectée grâce aux échantillons prélevés régulièrement. Il y a une semaine, trois échantillons sur un total de 140 se sont révélés positifs. Lundi matin, les opérations d’arrachage des ceps de vigne contaminés ont débuté. Des vignes qui poussaient ici depuis trente ans doivent désormais être détruites.

"Nous craignons que si de nouveaux cas positifs y sont découverts, l’existence de certaines exploitations soit menacée"

La rencontre entre la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, et les viticulteurs n’a donc pas été facile. Plusieurs questions restent encore sans réponse, a indiqué la ministre. "Les viticulteurs voient que ces mesures sont nécessaires. Il s’agit d’une obligation [imposée par l’Union européenne], mais ils sont bien entendu tous inquiets. Nous sommes actuellement en train d’effectuer des prélèvements dans la zone tampon et nous craignons que si de nouveaux cas positifs y sont découverts, l’existence de certaines exploitations soit menacée. Ce serait dramatique."

La zone tampon s’étend sur un rayon de 2,5 kilomètres autour du lieu où la bactérie a été découverte. Dans un rayon de 50 mètres, tous les ceps de vigne doivent être entièrement arrachés. Dans un rayon de 400 mètres, des contrôles très poussés sont menés à l’aide de prélèvements afin de vérifier si la maladie s’est propagée.

Le froid facilite la gestion de la situation

Les températures plus froides facilitent toutefois désormais la gestion de la situation, explique Serge Fischer, directeur de l’Institut viti-vinicole. Le vecteur qui transmet la bactérie ne vole pas en hiver. Cela laisse aux institutions le temps de travailler avec les viticulteurs pour déterminer les prochaines étapes.

L’État prendra en charge les coûts des opérations d'arrachage en cours. Le terrain devra toutefois rester en jachère pendant au moins un an. Selon Martine Hansen, il est encore trop tôt pour déterminer précisément les modalités d’indemnisation des viticulteurs. Les calculs sont toujours en cours. La possibilité de mettre à disposition des vignobles de remplacement est également envisagée, mais il faudrait d’abord trouver des parcelles adaptées. La ministre a par ailleurs souligné qu’il n’y avait aucun problème concernant les raisins déjà récoltés sur les plants concernés.

Les autorités sont également en contact étroit avec leurs voisins allemands, qui ont eux aussi commencé à intensifier les prélèvements et les contrôles. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il faut au moins trois semaines pour obtenir les résultats de ces analyses.

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