
En 2024, à la publication d'un rapport qui avait fait grand bruit, l'Unédic avait calculé que les anciens frontaliers du Luxembourg touchaient un chômage d'environ 1.781€ par mois. Une allocation coûteuse pour les finances françaises car, une fois le maigre remboursement luxembourgeois décompté (pas plus de trois mois de chômage), la dépense s'élevait à plus de 130 millions d'euros par an. Une facture acquittée par la France... Alors que les frontaliers ont cotisé au Luxembourg.
Durant l'été 2026, l'Unédic a revu ses calculs. En 2025, elle a estimé indemniser 42.929 anciens frontaliers. Dont 8.426 ont travaillé au Luxembourg. Pour une allocation moyenne de 1.479€ net par mois. Moins que les 1.781€ annoncés dans le rapport précédent, mais ce rapport partageait une "allocation mensuelle théorique".
Malgré ses quelque 129.000 frontaliers français, le Luxembourg est loin d'être le pays qui coûte le plus d'argent à la France. Dans son rapport, l'Unédic rappelle qu'en comparaison, elle a indemnisé au moins trois fois plus d'anciens frontaliers... de Suisse. Ils étaient 27.785 à toucher une indemnisation moyenne de 2.132€ net en 2025. Les frontaliers partis travailler en Allemagne touchaient également une allocation de chômage plus élevée que ceux du Luxembourg (1.485€) mais étaient moins nombreux (3.364). Ceux ayant été actif en Belgique percevaient un chômage de 1.132€ par mois.
La France sait qu'elle doit désormais patienter : une partie du coût du chômage des frontaliers est amené à disparaître. Grâce à une réforme européenne votée durant l'été 2026, les frontaliers basculeront, à terme, sur le système luxembourgeois.