Accident mortel de LausdornAu procès, la vitesse des policiers en question

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Le procès de l'accident mortel de Lausdorn a débuté lundi a débuté au tribunal de Diekirch. Quatre ans après le drame, survenu dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, les premières discussions ont porté sur la vitesse des véhicules impliqusé.
© Domingos Oliveira / Archives RTL

Des experts mais aussi des témoins ont été entendus lundi. L'audience a commencé par le témoignage d'une experte du Laboratoire national de Santé, qui a décrit les blessures du policier de 39 ans décédé sur les lieux de l'accident et de sa passagère, grièvement blessée.

D'autres experts et des témoins ont ensuite décrit la reconstitution des circonstances du tragique accident. Après qu'un conducteur se soit soustrait, selon son passager, à un contrôle de police en ignorant les injonctions d'arrêt manifestes des policiers, ceux-ci ont entrepris une poursuite. Ils ont cependant rapidement perdu le contact visuel avec le conducteur en fuite, parce ce dernier avait fui à plus de 180 kilomètres à l'heure et s'était caché sur un parking dans une rue latérale.

La police a cependant continué à chercher la voiture à vive allure. La camionnette et la voiture de police auraient alors traversé quasiment en même temps le rond-point, l'une par la gauche, l'autre par la droite, avant que la voiture ne dépasse à nouveau la fourgonnette. Les véhicules atteignaient par moment des vitesses de près de 200 respectivement 160 kilomètres à l'heure. "On a l'impression que les deux véhicules de police faisaient une course-poursuite entre eux", a estimé le juge.

Les agents à bord de la camionnette ont encore recherché brièvement le véhicule en fuite à Weiswampach. Les autres policiers avaient arrêté une voiture après la localité pour demander aux personnes à bord si elles avaient été dépassées. Après avoir obtenu une réponse négative, l'agent au volant a soudain fait demi-tour. Il aurait accéléré le véhicule entre 6 et 10 kilomètres à l'heure avant d'être embouti latéralement par la fourgonnette de police qui arrivait sur place. Et cela à une vitesse de 156 km/h, selon l'expert. Au moment de l'impact, la camionnette affichait 130 kilomètres à l'heure au compteur.

"Ça roulait beaucoup trop vite", a déclaré un jeune policier, qui se trouvait alors à bord de la fourgonnette en sa qualité de stagiaire et qui a eu la jambe cassée lors de l'accident. Selon lui, deux erreurs ont été commises: ne pas avoir regardé dans le rétroviseur et avoir roulé trop vite pour trouver un automobiliste alcoolisé. Il aurait cependant déjà vu le gyrophare bleu auparavant, à quelques centaines de mètres. Il aurait aussi entendu à la radio de bord: "Ce n'était pas lui". Ils auraient procédé de manière confuse, estime-t-il. Une appréciation que partage l'enquêteur de l'IGP. "Ici, c'était un manque de communication" et "le sujet n'est pas suffisamment traité", a-t-il témoigné. En effet, il n'y aurait aucune instruction de service pour les courses-poursuites de la police, uniquement une brochure.

Par ailleurs, un expert du Laboratoire national de Santé a expliqué que le conducteur qui s'était soustrait au contrôle de police, avait un taux d'alcoolémie approximatif de 0,77 gramme par litre de sang. "C'était trop pour conduire", a dit son ami et passager, mais il n'aurait pas eu le sentiment qu'il ne pouvait plus conduire. Ils auraient seulement appris le lendemain l'accident entre les deux véhicules de police. Le conducteur aurait été visiblement soulagé lorsque la police a sonné chez lui, a expliqué le commissaire en chef. "Je sais pourquoi vous êtes ici", aurait-il dit, se montrant coopératif.

Le procès se poursuivra jeudi.

Le reportage de RTL en luxembourgeois:

Optakt vum Prozess Lausduer
Um Méindeg war zu Dikrech um Geriicht den Optakt vum Prozess ëm en déidlechen Accident um Lausduer an der Nuecht vum 13. op de 14. Abrëll 2018.

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