
"La joie dans les yeux des enfants, c’était quelque chose d’indescriptible". C’est par hasard qu’Emanuele Santi lance Riding the Rainbow, un projet de dons de vélos pour des enfants réfugiés. En mars 2022, voulant se débarrasser de deux vélos de ses enfants, Emanuele poste une publication sur Facebook. C’est une famille d’Ukrainiens qui se manifeste et c'est le déclic pour Emanuele qui travaille à l'époque dans l'univers banquier et est président d'Afrilanthropy, une ONG dont le but est de promouvoir l'innovation sociale principalement en Afrique.
"Les enfants étaient traumatisés, le fait d’arriver dans un pays inconnu et de recevoir un vélo, c’est un moyen de transport, c’est la liberté". L’envie de renouveler cette expérience fait son nid et en avril 2022, Emanuele lance l'action à partir de son garage. Un garage qui devient rapidement un lieu de collecte et de distribution.
Dans la foulée, Emanuele publie un deuxième post sur les réseaux sociaux pour lancer un appel aux dons, post qui engendrera un engouement qui le laissera sans voix: ce sont 300 vélos qui seront récoltés et cinq garages que des bénévoles mettront à disposition dans les quatre coins du Luxembourg.
Mais l'aventure ne s'arrête pas aux portes de ces garages: Via des développeurs en Ukraine, Riding the Rainbow a lancé sa propre application mobile gratuite où les donateurs peuvent proposer des vélos, instruments de musique et équipements sportifs. L'idée? Permettre de mettre résidents et réfugiés directement en relation. Une application qui compte d'ores et déjà 800 utilisateurs actifs.
Le point de bascule qui a poussé l'organisation à se digitaliser: une expérience qui a ému Emanuele Santi: "Une femme voulait amener un vélo à mon garage, je l’ai mise en contact avec quelqu'un d'intéressé. Elles se sont rencontrées et la donatrice s'est rendue compte que la femme en question avait trois enfants, alors qu'elle n’avait qu’un seul vélo à offrir. Elle a été prise d’empathie et est partie acheter deux autres vélos tout neufs pour les offrir aux deux petits. C’est là que je me suis dit, si je mets les donateurs et les réfugiés en relation directe, ça peut créer quelque chose".
Au-delà de dons matériels, c'est en effet un lien social particulièrement crucial que recherchent nombre de réfugiés, mais aussi résidents: "J’avais remarqué que les gens ne voulaient pas quitter mon garage, ils cherchaient à rester le plus longtemps possible pour discuter, créer du lien", raconte Emanuele.
Depuis peu, Riding the Rainbow a créé un réseau européen d'organisations intéressées par son concept. Une quarantaine d'organisations se sont d'ores et déjà associées au projet et en font la promotion à leur échelle.
"Quand tu arrives en tant que réfugié, tu es perdu". Emanuele et son équipe veulent implémenter une nouveauté dans leur application: permettre aux organisations d'y proposer leurs services et des opportunités de volontariat, afin qu'à l'arrivée dans leur pays d'accueil, les réfugiés sachent où trouver ce qu’ils cherchent.
De son garage à une organisation qui se développe à l’échelle européenne, Riding the Rainbow n'a décidément pas de frontières. Si vous voulez participez à cet élan de solidarité, vous pouvez télécharger l’application Riding the Rainbow sur Android ou iOS où vous pourrez facilement faire don de vélos, instruments de musique ou équipements sportifs.