
"L’année dernière, nous avons mené un processus très vaste et intensif avec tous nos membres. Nous avons été très critiques envers nous-mêmes et j'aimerais que les autres partis fassent de même", a expliqué mardi sur RTL le nouveau coprésident des Verts, François Benoy.
Il est ressorti de cette analyse approfondie qu'au gouvernement, "nous avons beaucoup travaillé dans les ressorts dont nous avions la responsabilité, mais nous avons peut-être parfois eu trop la tête dans le guidon et sommes passés trop à côté des gens." "Des sujets importants pour les électeurs verts fidèles ont aussi été négligés" par le parti, estime son nouveau président.
Coronavirus, crise énergétique, inflation: "le principal facteur de la défaite" des Gréng "a été un environnement défavorable". "Nos adversaires politiques ont également exploité cela de manière radicale."
Le parti a toutefois perdu peu de membres après les élections. Au contraire, le nombre de ceux-ci a récemment augmenté. François Benoy ne se souvient pas "qu'il y ait eu autant de candidatures pour travailler dans les instances du parti."
"Plus de justice, une protection environnementale forte et une politique plus inclusive" pour un meilleur vivre ensemble: ces thèmes continuent d’être importants pour les gens. La politique du statu quo ne nous apporte pas de solution et il faut le montrer à la population.
L'an dernier, il est devenu "évident que nous avons actuellement un gouvernement qui travaille pour ceux qui n'ont de toute façon pas de difficultés financières." Cela se voit dans tous les domaines, mais particulièrement là où on retrouve les plus faibles de la société. Et François Benoy de citer l'interdiction de la mendicité, l'injonction d'éloignement, le dialogue social piétiné ou encore l'affaire Caritas.
Le président des Verts réfute le reproche de parti d'interdiction. "Si on parle de freins au plaisir, il faut regarder qui réduit maintenant de moitié les primes pour les voitures électriques et celles pour les installations photovoltaïques. C'est ce gouvernement CSV-DP." "Il ne s’agit pas que tout le monde doive renoncer à tout, mais que la politique change les règles du jeu pour que chacun puisse vivre de manière écologique." Il faudrait écouter davantage et mettre davantage l’accent sur la participation afin de créer une telle acceptation. "Une politique de l'inaction mène droit dans le mur", explique François Benoy.
Le parti déi Gréng existe depuis plus de 30 ans. "Le parti a beaucoup changé mais ses valeurs fondamentales sont restées les mêmes." Chacun peut se retrouver dans ce parti: des hippies aux costumes-cravates. Et c'est précisément comme cela qu'il se représente un parti. "Nous aimerions être un parti qui soit capable de gouverner et qui puisse inspirer le maximum de gens, pour pouvoir changer le pays", souligne le nouveau coprésident des Verts.