
Présent en commission parlementaire lundi, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a dit regretter que les contrôles organisés par la police allemande à la frontière soient maintenus. Un avis partagé par l'ensemble des députés présents.
Ces contrôles existeront encore plusieurs jours: le ministre de l'Intérieur allemand, Horst Seehofer, a exigé le maintien de ces contrôles au moins jusqu'à la mi-mai.
Suite à la prolongation des contrôles aux frontières, Jean Asselborn a rédigé un courrier à l'intention du ministre de l'Intérieur allemand, lui faisant savoir qu'il était fermement opposé au maintien de ces contrôles.

Pour le président de la commission des Affaires étrangères, le député LSAP Yves Cruchten, cette décision est incompréhensible: "Il n'y a aucune preuve scientifique que la fermeture des frontières aiderait en quoi que ce soit à maîtriser le virus.''
Claude Wiseler, député CSV, a lui pointé l'image désastreuse du maintien des contrôles à Schengen, là où le libre circulation avait été décidée. ''La fermeture des frontières est inutile, n'apporte rien et heurte l'esprit européen. Des décisions ont été prises par le gouvernement allemand, que nous ne trouvons pas bonnes. Et cela, nous le disons aussi clairement en tant que parti.'' La direction du CSV, dont le parti est proche de celui du ministre allemand, a récemment envoyé un courrier à l'adresse de Horst Seehofer à Berlin.
David Wagner, député des Lénk, décrit l'irritation qui existe autour de ces contrôles aux frontières et la possibilité pour les forces de l'ordre allemandes de juger du besoin des personnes à traverser ou non la frontière
Enfin, le député ADR Fernand Kartheiser a estimé que les frontières étaient à nouveau visibles à l'intérieur de l'Union européenne, traduisant une perte de confiance entre les Etats membres.