Pour lui, le constat est clair : les inégalités sociales restent le principal problème du système scolaire, un problème identifié depuis des années mais toujours non résolu.
Il estime qu’il est désormais urgent de stopper le déclin des compétences en lecture, mathématiques et sciences, et de mener une analyse honnête des résultats. "On doit cela aux élèves", insiste-t-il, rappelant qu’une société dépend de la capacité des jeunes à comprendre, s’orienter et fonctionner dans la vie quotidienne.
Concernant l’annonce du ministre de l’Éducation Claude Meisch d’interdire totalement les téléphones entre la 7e et la 5e, Raoul Scholtes se montre favorable. Un cadre plus strict pourrait, selon lui, aider à ancrer la règle dans les mentalités. Mais il prévient : cela ne suffira pas. D’autres pays vivent la même réalité numérique que le Luxembourg, tout en obtenant de meilleurs résultats.
Pour Raoul Scholtes, les outils digitaux doivent rester utilisés là où ils ont un sens pédagogique, mais le papier et le stylo conservent leur importance pour comprendre des textes longs et mémoriser durablement.
Il appelle également à des objectifs d’apprentissage clairs et à des systèmes d’évaluation transparents. La Féduse réclame depuis des années une promotion plus stricte dans les premières années de l’enseignement général. Depuis 2018, les élèves passent quasi automatiquement jusqu’en 5e, ce qui conduit ensuite à des lacunes importantes. "On ne nous écoute pas depuis huit ans", regrette-t-il.
Il ne s’agit pas de revenir à une école où le redoublement est la solution à tout, mais de motiver les élèves à fournir des efforts, avec des ressources suffisantes pour soutenir ceux qui en ont besoin.
Sur la responsabilité politique, Raoul Scholtes reconnaît que beaucoup de choses ont été faites ces dernières années, mais pointe un manque d’évaluations critiques. "Cela n’a pas vraiment été fait sous Claude Meisch", estime-t-il.
Le dernier rapport PISA montre que près de 40% des élèves n’atteignent même pas le niveau minimal en lecture et en mathématiques. Une situation que le ministre lui-même a qualifiée de préoccupante, rappelant que ces lacunes empêchent les jeunes de fonctionner correctement dans la vie de tous les jours.