
Tous les restaurants ont besoin d'ingrédients pour proposer de bons petits plats à leurs clients, c'est la base de leur fonctionnement. Durant ces 12 derniers mois, le prix des aliments a connu des augmentations comprises entre 25 et 30%. La viande locale, la spécialité du restaurant que nous avons rencontré, est 40% plus chère qu'il y a encore un an. L'établissement ne peut et ne veut pas répercuter cette hausse des prix sur les clients, mais il est impossible au patron de tout prendre en compte. Les prix doivent donc être ajustés vers le haut, ce qui est expliqué sur la carte.
"Nous essayons de trouver un équilibre, en adaptant les quantités, en prenant d'autres morceaux que nous proposons, et en proposant un bon mélange entre les deux", explique Steve Martellini qui exploite le restaurant à Wahlhausen.
Les prix de l'énergie se font également ressentir dans les factures, même si le petit établissement profite des mêmes plafonnements que les ménages. Certains clients reviennent donc moins souvent, ici on note une baisse de la fréquentation d'environ 10%. Sans oublier la prochaine tranche indiciaire qui tombera le mois prochain, pour une équipe de 10 personnes, environ 1.500 euros par tranche et par mois, ça ne laisse pas indifférent.
Des temps difficiles que traversent les acteurs de l'Horeca, mais ce patron a encore la chance d'être propriétaire des lieux. Il doit cependant encore rembourser son prêt pour les rénovations, et les réserves financières ont pratiquement complètement disparu depuis la pandémie. Steve Martellini le dit lui-même: "les marges que nous devrions pouvoir faire sont en chute libre. Avant l'apparition du Covid, nos marges étaient de 18 à 22%, maintenant on table plutôt sur du 3 à 5%. Sur du long terme, ça va vraiment être compliqué".
La seule solution est donc de faire des économies. Deux collaborateurs qui avaient quitté l'établissement pendant la pandémie ne seront pas remplacés. Afin de limiter les frais, le restaurant est seulement ouvert 5 jours par semaine, au lieu de 6 auparavant.