
Il arrive de plus en plus fréquemment que les chauffeurs de bus soient victimes de violence pendant leur service. La semaine dernière encore, la police a signalé qu'un conducteur de bus avait été menacé et frappé à Luxembourg. L'agresseur a été arrêté.
Quatre incidents similaires ont été enregistrés depuis le début de l'année.
Le LCGB, le syndicat majoritaire dans le secteur du transport au Luxembourg, tire le signal d'alarme.
Le bilan de ces derniers mois est alarmant, dit le syndicat qui rappelle deux autres agressions fin 2021. Des attaques qui seraient de plus en plus brutales, affirme Paul Glouchitski, secrétaire syndical LCGB.
Paul Glouchitski: "Nous avons affaire ici à des attaques barbares. La dernière fois, le conducteur a non seulement été battu, mais aussi mordu. Nous nous demandons vraiment si le Luxembourg n'est pas victime d'insécurité."
Le 11 mars, le LCGB a rencontré des responsables de l’administration des transports publics. Il a notamment été question des cabines anti-agressions.
Des cabines destinées à protéger les conducteurs de bus. Il y a un accord de principe en faveur de telles cabines, mais la problématique est un peu plus compliquée. Au ministère, les responsables soulignent que de telles cabines ont aussi des inconvénients. En cas d'urgence, par exemple lors d'un accident, le conducteur ne pourrait éventuellement pas sortir assez rapidement. Elles pourraient aussi susciter chez les passagers un sentiment d'insécurité subjectif, parce qu'ils se demanderaient si le conducteur pourra leur venir rapidement en aide en cas d'agression.
Le coût des cabines varie en fonction du niveau de sécurisation et de la marque du véhicule.
Jusqu'à 15.000 euros par véhicule: une facture salée pour les 1.400 bus RGTR, une somme qui n'est d'ailleurs pas prévue dans le budget de cette année, précise-t-on au ministère.
Installer les cabines a posteriori serait pratiquement impossible, il n'y aurait donc a priori de telles cabines que dans les véhicules neufs. Des caméras seront aussi installées, mais le LCGB demande davantage pour la protection des chauffeurs: des agents de sécurité comme dans les trains.
Paul Glouchitski: "Nous savons que nous ne pourrons pas obtenir un agent de sécurité pour chaque bus de chaque ligne, mais nous souhaiterions des actions ciblées et nous espérons que cette revendication complètera le dispositif de sécurité."
Selon le ministère des Transports, le problème est un peu localisé géographiquement et les agressions se produisent moins dans les bus que dans les gares ou aux arrêts. Les services compétents travailleraient toutefois intensivement à des propositions. Une grande importance serait accordée à une meilleure protection des chauffeurs d'autobus.