
Il y a été question de la motion déposée par le député pirate, Sven Clement, qui propose qu'une application de traçage ne puisse pas être rendue obligatoire. "Il plaide également contre un enregistrement centralisé des données qui permettrait une identification des personnes, même pour des applications dont l’utilisation se ferait sur base volontaire", peut-on lire sur le site de la Chambre des députés.
Sven Clement a parlé d'un large consensus au sein des commissions. Il souhaiterait à présent un texte de motion consensuel:
"L'objectif est d'obtenir pour ce faire une majorité au Parlement, la plus large possible, afin de défendre les droits fondamentaux de la population. Pour moi, cela passe par une application volontaire, donc facultative. Il ne peut y avoir à aucun moment une obligation ou une discrimination si quelqu'un n'a pas d'application et cela, sans enregistrement central (des données)! Il faut toujours être conscient de ceci: l'enregistrement central ouvrirait grand la porte à tous les abus possibles, et cela ne peut pas arriver!"
Le confinement implique déjà une atteinte grave aux droits des citoyens, c'est pourquoi il ne faudrait pas approuver une nouvelle atteinte, selon l'élu du Parti pirate, pour qui, personne ne voudrait d'un "tracing" de la population. Le gouvernement a augmenté les effectifs du centre d'appels pour le traçage analogue par interviews, de 75 à 100 personnes, de sorte qu'un traçage digital n'est pas nécessaire dans un proche avenir, même s'il y a pression de l'extérieur.
Il ne serait pas exclu que nous ayons besoin d'une application de traçage, notamment au regard des discussions qui ont lieu dans les pays voisins. Voilà pourquoi il serait nécessaire de légiférer - ce que souhaite également le gouvernement - pour qu'il y ait une appli affectée à un usage précis, de sorte que seules les données indispensables seraient stockées. Tel était l'opinion de Viviane Reding mardi matin. Que le gouvernement fasse faire un traçage analogue via un centre d'appels, où on peut parler avec les gens, correspond à la position du CSV, selon la députée:
„Pour résoudre les problèmes chez nous dans le pays, c'est une question d'êtres humains et pas de technologies. Et c'est pour cela que nous avons toujours dit: le facteur humain est très important, particulièrement en temps de crise."
"Nous sommes par principe opposés à une application, qu'elle soit obligatoire ou volontaire, car à travers elle, ce sont des droits fondamentaux qui sont en danger", a expliqué Roy Reding. Il est positif qu'un traçage analogue soit réalisé au moyen d'interviews, selon le député ADR. Mais son parti s'opposerait par tous les moyens à l'introduction d'une appli:
"...aussi bien (des moyens) de nature juridique, qu'un appel à la désobéissance civile. Nous ferions aussi une campagne où nous appellerions les gens à n'installer une telle application sous aucun prétexte, car c'est le premier pas vers un état totalitaire. Nous avons à présent suffisamment de points, où des règlements ou bien des interprétations de règlements, ont rogné les droits fondamentaux constitutionnels: ça suffit."