
Le bilan politique de l'ensemble du projet sera tiré en février 2021 et un rapport sera publié au mois de mai de la même année. Nous avons discuté avec la ministre de la Santé Paulette Lenert afin d'en savoir plus sur l'évolution de la situation au Luxembourg.
Selon la ministre, le succès est bien au rendez-vous, en ce qui concerne les chiffres. La demande de cannabis médical est relativement haute et elle augmente de plus en plus. 630 patients ont déjà pu en profiter depuis le mois de janvier 2019, ce qui représente une moyenne de 40 grammes par patient. En 2020, 270 kilos de cannabis médical par an ont été enregistrés jusqu'à présent.
Les critères pour pouvoir bénéficier du cannabis médical sont assez restrictifs. Seulement trois ouvertures ont été créées dans le règlement: les maladies graves dans un état avancé. Ensuite viennent les personnes atteintes d'un cancer, car le cannabis a un impact positif sur les nausées lors des traitements en chimiothérapie. Enfin, les patients atteints de sclérose en plaques peuvent également en profiter afin d'atténuer les crampes.
D'autres domaines d'utilisation pourraient également voir le jour dans une deuxième phase, cela fait partie des points importants de l'évaluation du projet pilote, comme le précise la ministre qui souligne néanmoins que cette pratique doit être extrêmement bien encadrée: "il s'agit quand même de cannabis que nous mettons à disposition gratuitement et par ordonnance".
Sur les 2.200 généralistes et spécialistes pratiquant au Luxembourg, seuls certains docteurs ont le droit de prescrire ce genre de traitement. Une formation a été proposée au corps médical et jusqu'à présent 240 d'entre eux ont participé aux cours qui durent environ six heures. Tous ces docteurs ont d'ailleurs déjà prescrit du cannabis médical.
Au Luxembourg, les autorités ont préféré l'inhalation des produits, une méthode moins nocive que la fumée. Néanmoins plusieurs produits existent sur le marché et sont prescrits en fonction de la pathologie à traiter.

La distribution du cannabis se fait de manière très encadrée par les pharmacies des hôpitaux. Les importations luxembourgeoises proviennent d'un producteur canadien et passent par l'Allemagne où les normes de qualité européennes sont contrôlées.
Selon la ministre, il est possible que le Luxembourg possède également ses propres plants de cannabis mais cela demande beaucoup de travail, surtout pour ce genre de quantité. L'encadrement d'une telle production nationale devrait être strict, mais pour le moment, le Luxembourg ne fonctionne qu'avec l'importation du Canada.
Même si aucune enquête formelle n'a été réalisée auprès des patients, le retour informel est très positif. La qualité de vie des personnes souffrant de douleurs chroniques s'est clairement améliorée et c'est bien le but de ce projet, selon la ministre.
Elle précise également que les travaux concernant la légalisation du cannabis récréatif vont bon train et qu'elle ne peut donc pas les commenter: "c'est le modèle néerlandais qui a été pris pour base du projet, pas de grosse surprise à ce stade donc", conclut Paulette Lenert.