Ministre de l'Agriculture"44% des agriculteurs luxembourgeois n'ont pas de successeur"

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Des exploitations toujours plus grandes, des aides pour implanter des serres et cultiver des fruits et légumes, les limites de l'aide au bio... Martine Hansen, ministre de l'Agriculture, était l'invitée de l'émission Background samedi sur RTL.
© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

"Nous aurons probablement des exploitations plus grandes à l'avenir", a déclaré samedi dans l'émission Background la ministre de l'Agriculture, Martine Hansen. Une enquête récente a montré que "malheureusement 44% des agriculteurs n'avaient pas de successeur". Actuellement  le Luxembourg compte 1.800 exploitations agricoles.

Le lait et la viande continueront à être les deux principales productions dans le pays. Il reste beaucoup à faire pour développer la culture des fruits et des légumes. Le fait que peu de fruits et légumes soient cultivés au Luxembourg est principalement dû à la situation géographique du pays. Cependant, cela exige également beaucoup de main d’œuvre et des travailleurs saisonniers sont souvent nécessaires, explique la ministre. Elle se dit prête à aider les agriculteurs avec des subventions, notamment pour la construction de serres.

© Domingos Oliveira / RTL

Ils permettraient de cultiver des poivrons, des cornichons et des aromates par exemple. Une loi spécifique est en cours d'élaboration à ce sujet. Mais la ministre de l'Agriculture n'a pas voulu révéler de chiffres précis, car la discussion n'a pas encore été menée au sein du Conseil de gouvernement.

Les subventions sont extrêmement importantes à ses yeux. Car sans le soutien financier de l’État, seules quelques très grandes exploitations laitières survivraient encore au Luxembourg. La répartition des aides continuera probablement à se baser sur la taille des surfaces exploitées à l'avenir, car c'est un critère facile à vérifier et à comparer.

Plafonnement du cheptel

En ce qui concerne le débat sur le plafonnement du cheptel bovin, Martine Hansen a regretté que le gouvernement tripartite précédent ait décidé que la production d'ammoniac doivent diminuer de 22% d'ici 2030 par rapport à 2005. Pour le moment, on attend seulement les moins 6%. Il faudrait néanmoins que l'objectif de 22% soit atteint, sans quoi une amende de la Commission européenne pourrait tomber.

Il y a beaucoup de potentiel dans la gestion d'entreprise. Pour cette raison, les agriculteurs devraient être autorisés à gérer leurs terres de la manière qui leur convient le mieux et ne devraient pas être soumis à trop de contraintes.

Concernant la production, on ne peut pas simplement dire que certains biens sont produits en trop grande quantité. Il n'est pas répréhensible d'exporter vers l'étranger, car cela compense des pénuries dans ces pays.

Bio: la limite des primes

En ce qui concerne l'agriculture biologique, Martine Hansen a critiqué les objectifs irréalistes fixés par la dernière coalition gouvernementale DP-LSAP-Les Verts. Le plan d'action bio prévoit que 20 % des terres agricoles devraient être cultivées de manière biologique d'ici 2025. Mais pour le moment, on plafonne à 7,7%. Les seules primes, ne suffisent pas à convaincre les agriculteurs. Martine Hansen considère une conversion partielle comme une solution possible.

Le gouvernement DP-CSV ne veut pas demander l’interdiction du glyphosate. Le gouvernement précédent avait décidé d’une telle interdiction, mais l’a ensuite annulée. En ce qui concerne la protection de l'eau autour du lac de la Haute-Sûre, Martine Hansen trouve dommage que presqu'aucun bétail ne soit plus visible dans les prairies. Elle souhaite tendre la main aux entreprises. Il sera par exemple examiné avec le ministère de l'Environnement si l'épandage du lisier pourrait être réalisé sur une plus longue période à l'avenir. En raison du changement climatique, les saisons de croissance auraient également changé et l’herbe pousserait plus longtemps qu’auparavant.

L'ASTA doit déménager vite

Les laboratoires de l'Administration des services techniques de l'Agriculture (Asta) doivent déménager d'Ettelbruck à l'Ecole agricole de Gilsdorf. Mais la planification n'a pas encore suffisamment avancée. Mais il important que le déménagement ne traîne pas trop longtemps, car il y a de la moisissure dans les locaux à Ettelbruck.

Malheureusement, la simplification administrative ne se fait pas non plus aussi vite qu’on le souhaiterait. Cela est principalement dû à la longueur des procédures à Bruxelles. Le Luxembourg attend des solutions de la part du nouveau commissaire à l'Agriculture, le Luxembourgeois Christophe Hansen.

Dans la perspective des accords commerciaux internationaux, il est important aux yeux de la ministre que les règles s'appliquent à des produits comparables, sans quoi les entreprises des pays européens seraient désavantagées.

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