
2022 a aussi été marquée par un manque de pluie prolongé qui a plongé le pays dans une sécheresse sans précédent. Ces extrêmes témoignent d'un changement climatique de longue date qu'AgriMeteo observe au Grand-Duché depuis 1838 grâce aux mesures pointues d'un réseau de 36 stations météo.
Avec une moyenne record de 10.9°C, la température annuelle dépasse de 1.0°C la moyenne de référence 1991-2020. Tout au long des saisons, des vagues de chaleur et pics de température ont réchauffé le Grand-Duché.
• Hiver 2022 : température moyenne (3.4°C) : +1.3°C,
• Printemps 2022 : température moyenne (9.8°C), excès entre +0.3 et +0.8°C,
• Eté historique 2022 : température moyenne 19,3°C, maximale 36°C, deuxième été le plus chaud jamais mesuré. Records de 60 journées estivales (plus de 25°C) et de 20 pics de température (plus de 30°C),
• Automne 2022 : température moyenne de 11.1°C, quatrième automne le plus chaud jamais mesuré, excès entre +1.3 et +1.6°C.
L'année 2022 est aussi marquée par une longue période de sécheresse des sols. Le niveau des précipitations est déficitaire par rapport à la normale climatique. En particulier, l'été 2022 a été le plus sec depuis 1921, juillet enregistrant un déficit de pluie de -92% et août de -65%. Ajouté aux vagues de chaleur, le manque de pluie prolongé a entravé le bon développement des cultures agricoles.
Force est de constater que l'accélération des records de chaleur et des périodes de sécheresse est causée par l'intensification du réchauffement climatique, que le service météorologique AgriMeteo observe déjà depuis 1838, et actuellement à travers les données collectées par 36 stations météo couvrant toutes les régions.
• Le changement climatique causé par l'humain a fait augmenter les températures de 1,5°C entre 1861-1890 et 1991-2020.
• Les 10 années les plus chaudes sont toutes dans la période 2002-2021.
• Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que celles d'avant, et cela depuis 1840.
• La sécheresse a significativement augmenté entre avril et novembre au fil des années.
• Entre 1991 et 2020, 10 mois (à l'exception de décembre et janvier) présentent un risque régulier de sécheresse, alors qu'avant (1961-1990), ce risque était juste plus élevé en juin et juillet (graphique 3).
"Sans l'effet du changement climatique, la sécheresse du sol aurait été environ 3 à 4 fois moins probable, et les vagues de chaleur estivale moins intenses", conclut Andrew Ferrone, chef du service météorologique et chef de la délégation luxembourgeoise auprès du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, en faisant référence à l'analyse des experts du World Weather Attribution pour l''Europe centrale et occidentale.