200 emplois créésUne usine de recyclage va s'implanter en Moselle

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Le groupe québécois et le géant français Suez vont créer ensemble une usine de recyclage de déchets plastiques à Saint-Avold, en Moselle.
© Frederick FLORIN / AFP

Une usine de recyclage chimique de déchets plastiques, un projet annoncé par le groupe québécois Loop en partenariat avec le groupe Suez, sera implantée en France à Saint-Avold en Moselle, avec une mise en service désormais prévue en 2027 et en partenariat avec l’industriel sud-coréen SK, a annoncé Suez jeudi.

Cette usine, prévue initialement pour 2025 et dont l’implantation bénéficie d’un soutien public pour un montant non dévoilé, représente 450 millions d’euros d’investissements, avec à la clé la promesse de 200 emplois directs, selon un communiqué de Suez.

D’une capacité prévue de 70.000 tonnes par an, elle produira, à partir d’emballages jetés, du plastique PET (polytéréphtalate d’éthylène) et des fibres de polyester 100% recyclés. Le PET est l’un des plastiques les plus utilisés dans le monde, notamment pour la fabrication de bouteilles (comme les bouteilles d’eau) et de fibres polyester servant à fabriquer par exemple des vêtements sportifs.

Les “gisements” lui seront fournis par Suez, qui se chargera de trier, préparer et collecter les déchets, y compris au-delà des frontières.

Pour Loop, l’annonce de cette première usine en Europe “est un tournant majeur dans la commercialisation mondiale de sa technologie”, s’est félicité Daniel Solomita, fondateur et PDG de Loop, cité dans le communiqué.

Il avait évoqué, lors de l’annonce par l’Elysée en janvier 2022, une implantation en Normandie, mais le projet a évolué. La commune de Fos-sur-mer, près de Marseille, était également intéressée par accueillir l’usine.

Entre-temps, un partenaire capable de prendre en charge l’industrialisation de son procédé pionnier a été trouvé avec SK Geo Centric, filiale du groupe sud-coréen SK.

Loop utilise “sept technologies différentes” brevetées de “dépolymérisation à basse température” lui permettant de retrouver la cellule “monomère de base” et affirme pouvoir ainsi refabriquer en boucle fermée du plastique de qualité comparable à du plastique neuf issu de la pétrochimie.

Le procédé “montre comment l’industrie peut être porteuse de solutions pour la transition écologique et “l’implantation en France de cette usine montre en quoi l’ambition climatique du gouvernement peut être un levier pour une réindustrialisation verte”, a souligné le ministre français de l’Industrie Roland Lescure, cité dans le communiqué.

UN POSITIONNEMENT STRATÉGIQUE AUX FRONTIÈRES

La plateforme industrielle Chemesis de Saint-Avold a fait la différence car “c’est le plus utile et le plus opportun” en raison de la proximité avec les frontières belge, luxembourgeoise et allemande, a indiqué à l’AFP Frederick Jeske-Schoenhoven, directeur de la stratégie et du développement durable de Suez.

“Pour mettre en œuvre ce projet, il faut trois types d’acteurs: un spécialiste du déchet, de son “sourcing” et de sa vente, un acteur qui détienne la technologie et le brevet, et un acteur qui sache l’industrialiser. SK travaille déjà avec nous en Corée, et c’est un partenaire de référence”, dit-il.

Précurseur dans le recyclage chimique du plastique, le site français sera néanmoins précédé par l’ouverture d’une usine en Corée du Sud.

Pour Suez, “cela vient compléter la gamme des solutions technologiques” que le groupe met en œuvre pour le recyclage.

“À pleine capacité, l’usine permettra d’économiser plus de 255.000 tonnes de carbone par an par rapport à la résine PET vierge fabriquée à partir d’un procédé pétrochimique traditionnel”, souligne également le groupe.

Actuellement, les emballages plastiques sont essentiellement recyclés par voie mécanique, incinérés ou brûlés comme combustibles dans des chaudières de cimenterie.

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