Stupéfiant(s)Un pic de MDMA détecté le week-end à Arlon

Luc Suriant
Une étude de Sciensano révèle la présence de drogues à travers l’analyse des eaux usées. La Province de Luxembourg n’est pas épargnée.
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Sciensano est une institution qui a mis la santé au cœur de ses recherches. A travers une étude opérée sur 17 stations d’épuration réparties dans tout le royaume dont deux en Province de Luxembourg (Arlon et Marche-en-Famenne), cet organisme a analysé durant une semaine les eaux usées. Un processus qui permet de cartographier et de démontrer l’ampleur de la consommation de drogues au pays.

Les échantillons ont été prélevés du lundi 24 mars 2025 au dimanche 30 mars 2025 inclus. Les jours de prélèvement ont été choisis de manière à refléter une semaine normale, sans événements particuliers (par exemple, festivals), jours fériés, etc.

La cocaïne, le crack, l’ecstasy, la kétamine et les amphétamines ont fait partie des produits ciblés au contraire du cannabis, qui est actuellement la drogue illicite la plus consommée, mais qui aurait dû faire l’objet de recherches supplémentaires pour déterminer les biomarqueurs à cibler dans l’épidémiologie basée sur les eaux usées.

La Province de Luxembourg, que l’on aurait pu imaginer loin derrière les grands centres urbains, ne l’est pas tant que ça. La cocaïne, par exemple, arrive en 6e position à Marche-en-Famenne et en 10e place à Arlon. Les concentrations les plus élevées ont généralement été détectées pendant le week-end, ce qui confirme sa popularité dans les lieux de vie nocturne.

Le crack est présent dans toutes les régions du pays et ne peut donc être négligé. Les eaux usées confirment qu’il est consommé de manière plus régulière, en raison d’une dépendance plutôt que d’un choix récréatif. Si Anvers détient une bien triste pole position loin devant les autres, Arlon pointe au cinquième rang devant Bruxelles.

Les amphétamines affolent les compteurs

La MDMA, que l’on appelle également ecstasy, est clairement liée à la vie nocturne et ça se reflète dans l’étude menée par Sciensano qui place Anvers et Bruxelles, hauts lieux de la nuit, sur le podium.

Là où les chiffres s’affolent, c’est à propos du week-end. Quatre stations ont enregistré une moyenne au moins 100% plus élevée que pendant la semaine. La différence la plus prononcée est pour la station d’épuration d’Arlon (+499%). Contactée Sciensano relativise ce pic et explique le delta en raison de la faible présence de cette substance en semaine. L’organisme rappelle au passage que la station d’épuration d’Arlon couvrait la population estimée la plus faible (environ 21.000 habitants).

Le phénomène se reproduit avec les amphétamines qui explosent littéralement à Arlon le week-end (+ 800%). Des chiffres jugés aberrants par l’institut qui a fini par ne pas en tenir compte dans ces graphiques.

La méthamphétamine n’a pratiquement pas été détectée en Province de Luxembourg. La kétamine à peine plus. Les villes à forte population sont loin devant. Il faut encore signaler que le 3-MMC et le 4-MMC (cathinones synthétiques en pleine expansion) ne sont pas présents sur le territoire belge.

En conclusion, Sciensano estime que la surveillance des eaux usées est un élément essentiel de la stratégie de surveillance du phénomène de la drogue et permet une meilleure préparation.

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