Luxembourg belgePourquoi l’accord avec le Mercosur agace les agriculteurs de la province

Luc Suriant
L’accord de libre-échange qui se profile est source d’irritation en Province de Luxembourg. Florian Poncelet explique les raisons de la colère.
L'autoroute A62 bloquée par les agriculteurs en France le 23 janvier.
L’autoroute A62 bloquée par les agriculteurs en France le 23 janvier.
© Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Les barrages sont levés, mais la gronde persiste. Les agriculteurs sont vent debout sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur que la présidente de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, s’apprête à signer le week-end prochain au Paraguay.

Florian Poncelet, président de la Fédération des jeunes agriculteurs et éleveur viandeux en province de Luxembourg, ne décolère pas. «Notre province est une terre d’élevage et on va faire face à une concurrence déloyale. Il n’y aura pas de droit de douane sur les premières 99.000 tonnes exportées», constate l’agriculteur actif dans la région de Léglise.

«On parle là d’une quantité astronomique. Alors qu’ici, on est de plus en plus soumis à des normes très strictes, en parallèle, on tolère cette exportation massive en provenance de pays qui ne les respectent pas. C’est un non-sens total.»

La Belgique, elle, s’est abstenue de voter pour ou contre cet accord alors que la France s’est prononcée contre. Peut-être uniquement pour des raisons électorales…

Le combat n’est pas encore définitivement perdu puisque le Parlement européen devra ratifier cet accord à une date encore indéterminée. Or, son soutien au traité n’est pas garanti. S’il s’agit d’un scrutin à la majorité simple, la sensibilité du sujet et les affinités de chacun et chacune à l’intérieur des groupes politiques, peuvent rebattre les cartes. «Les extrêmes à gauche comme à droite sont contre. Les Ecologistes aussi. Il reste peut-être un mince espoir», reconnaît Florian Poncelet qui rappelle combien l’agriculture est un acteur économique important en Province de Luxembourg.

Près de 300.000 têtes en Province de Luxembourg

Selon «Le Sillon belge», l’organe de référence dans le sud du Royaume, la Province de Luxembourg recense 286.824 têtes et concentre 28,4% du cheptel bovin wallon. Cette activité est présente dans 75,6% des exploitations agricoles locales.

Et la spécialisation viandeuse, omniprésente, alerte bien sûr sur les producteurs sur le danger d’une importation à grande échelle. La production annuelle est estimée à 52.250 tonnes de viande. Ce qui, selon les spécialistes, pourrait correspondre à une certaine forme d’autosuffisance. La production laitière, quant à elle, représente 25% du cheptel et concerne 617 exploitations, avec une production estimée à 219 millions de litres de lait livrés.

«Pour moi, l’avancée économique pour le pays en signant un tel accord n’est pas significative. Et au-delà de cet accord bien précis, c’est la somme d’autres accords qui se négocient qui pourrait nous être préjudiciables

Le gouvernement fédéral pourrait faire un geste envers ce secteur en souffrance en défiscalisant les aides venant de la Politique agricole commune. Pas de quoi bouleverser totalement les équilibres, mais en temps de vache maigre, il n’y a pas de petit profit.

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