Visé par plusieurs enquêtesPatrick Bruel ne chantera pas à Bastogne

Luc Suriant
L’artiste a annulé sa tournée. Entre colère et soulagement, les réactions n’ont pas tardé à fuser dans la Nuts City.
© Steve Müller

C’était devenu inéluctable. Patrick Bruel allait devoir mettre son activité de chanteur en pause en raison de l’actualité qui l’a rattrapé. L’artiste âgé de 67 ans fait actuellement l’objet de quatre enquêtes pour viol en France ainsi que d’une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle. Il conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés mais la pression n’a cessé d’augmenter ces derniers jours.

A Bastogne, on trépignait d’impatience à l’idée de savoir si l’auteur de "Casser la voix" et de "Place des grands hommes" honorerait de présence l’affiche du Bastogne Summer Festival. Il devait se produire le 28 juin.

Le couperet est finalement tombé moins d’un mois avant la date. Sans le crier sur tous les toits, les organisateurs ont poussé un ouf de soulagement. Ils avaient refusé d’annuler de leur propre chef le concert, se réfugiant derrière la présomption d’innocence et affirmant aussi de façon plus cash qu’ils perdraient une énorme somme d’argent s’ils devaient prendre la décision eux-mêmes.

Le cas de figure qui se présente désormais devrait leur épargner ce genre de frais. Il se chuchote que les programmateurs ont travaillé sur des plans B ces dernières semaines pour anticiper en cas de forfait. Le nom des nouveaux artistes devrait sortir en début de semaine prochaine. Le public aura le choix de se faire rembourser ou de découvrir cette nouvelle affiche.

La commune ne pouvait pas interdire le concert

Parmi les fans du chanteur, c’était la stupéfaction. "C’est l’acharnement médiatique qui l’a emporté", tonnait Josiane, fan de la première heure du chanteur. "Le tribunal du net a eu raison", renchérissait Tony.

D’autres voix se voulaient plus modérées. "Oui à la présomption d’innocence, mais l’accumulation de plaintes signifie tout de même quelque chose. J’ai une grosse pensée pour toutes les victimes", lâchait Mireille. "Il est grand temps que la parole se libère et que les femmes fassent entendre leur voix."

Le sujet était devenu brûlant ces dernières semaines dans la Nuts City. Au point de s’inviter à l’ordre du jour du dernier conseil communal. Le bourgmestre Benoît Lutgen avait rappelé que sa marge de manœuvre était pour le moins étroite et que si la sécurité n’était pas engagée, la commune n’avait pas le pouvoir d’interdire la tenue du concert.

Lancé l’année dernière sous une autre formule, ce festival cherche encore sa vitesse de croisière. Les organisateurs avaient tenté une approche singulière cet été avec trois soirées à connotation différente. Le vendredi 26 juin est dédié aux DJ et à la musique électronique.

Le lendemain, ce sont les années 80 qui seront à l’honneur avec Michel Fugain, Jean Schulteis et le groupe Ottawan notamment et, le dimanche 28 juin, Patrick Bruel devait clôturer les festivités. Au moins 5.000 personnes étaient attendues pour cette date unique en Wallonie. Il reste à voir quel succès les remplaçants auront dans les prochains jours.

Back to Top
CIM LOGO