

Les moyens de transports et les principaux axes routiers en France risquent d’être fortement impactés par des “perturbations majeures”, d’autant que les transporteurs routiers ont rejoint le mouvement, certains dès dimanche soir.
Du côté de la Moselle, les syndicats s’attendent à une journée de mobilisation très suivie ce mardi. Une manifestation est prévue à Metz, au départ de la place Mazelle à partir de 14h, rapporte France Bleu. Une fermeture de la sortie Metz est prévue pour l’autoroute A31 à partir de 14h.
A Metz-Borny, les syndicats de Stellantis (ex-PSA) ont prévu de distribuer des tracts devant l’usine, boulevard Solidarité, pour informer les automobilistes de 8h15 à 10h. Ensuite, ils bloqueront les entrées et sorties du site dans la matinée. Ils prévoient aussi un barbecue avec les salariés, avant de rejoindre les rangs de la manifestation à Metz.
Dans la zone de Tremery, les syndicats du secteur de l’automobile ont prévu un barrage filtrant dès le petit matin, au rond-point Garolor. Même chose du côté de Florange, où un barrage filtrant sera en place au portier Saint-Agathe, pour ralentir les camions qui alimentent le site ArcelorMittal.
Les salariés de la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold prévoient aussi une opération péage gratuit, dans la matinée, à la barrière de Saint-Avold sur l’autoroute A4.
À Cattenom, depuis ce week-end, les accès au site sont filtrés par les syndicats qui, ce mardi matin encore, bloquaient l’entrée. Le piquet de grève a été levé ce mardi matin, révèle le Républicain Lorrain. Les manifestants vont rejoindre les salariés d’ArcelorMittal à Florange, avant de prendre la direction de Metz.
La SNCF a publié toutes les perturbations dans le Grand Est, et comme on pouvait s’y attendre, prendre le train entre la Lorraine et le Luxembourg sera compliqué, avec de nombreux trains supprimés du côté de l’axe Metz-Thionville-Luxembourg, qui sera d’ailleurs la seule ligne à circuler en Lorraine avec celle de Longwy-Luxembourg (des cars de substitutions seront proposés pour les autres)
Des perturbations sont aussi à prévoir dans les transports en commun de l’Eurométropole de Metz. Mais 75% du service sera assuré sur les lignes Mettis et les Lianes, indique le réseau Le Met.
En prévision, le ministre des Transports Clément Beaune a appelé dès vendredi tous les Français qui le peuvent à télétravailler. “Le 7, ça va être dur”, a-t-il reconnu, prédisant “une des journées les plus difficiles qu’on ait connues”.
Les syndicats s’attendent en outre à des initiatives plus inhabituelles: rideaux de magasins fermés, péages ouverts, ronds-points occupés - ces derniers modes d’action rappelant ceux des “gilets jaunes” en 2018-2019 -, ou spectacles annulés. Plusieurs manifestants ont commencé à bloquer dans la nuit de lundi à mardi un important axe routier de Rennes, dans l’ouest de la France
Dans les airs, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a demandé aux compagnies de réduire leurs programmes de vols le mardi et le mercredi, de 20% à 30%. “Air France prévoit d’assurer près de 8 vols sur 10, dont la totalité de ses vols long-courriers”, a indiqué la compagnie, “toutefois, des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure”.

Dans l’énergie, le mouvement a démarré dès vendredi après-midi à l’appel de la CGT, en raison de l’ouverture du débat samedi au Sénat sur l’article 1 du texte, sur la suppression des régimes spéciaux de retraite, dont celui des énergéticiens. La grève a entraîné des baisses de charge dans des centrales, assez pour mettre le système en tension et déclencher le premier seuil d’alerte du réseau, sans occasionner de coupures de courant.
Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la CGT Energie, a promis “une semaine noire dans l’énergie”, avec coupures ciblées, blocages, occupations, et toujours “des opérations Robin des Bois” à destination de la population (comme la coupure des radars routiers).
Trois des quatre terminaux méthaniers qui permettent d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) en France ont été mis à l’arrêt pour “sept jours”, a indiqué lundi soir le syndicat CGT Elengy.
Les expéditions de carburants sont bloquées à la sortie de “toutes les raffineries” de France mardi matin, afin de protester contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, a affirmé à l’AFP la CGT-Chimie.
Dans un premier temps, les grévistes entendent bloquer les expéditions des raffineries vers les dépôts, mais si le mouvement venait à durer trois jours ou plus, il pourrait entraîner l’arrêt de raffineries.
Autre maillon, les avitailleurs ou “pompistes du ciel”, chargés d’approvisionner les avions, sont également appelés à la grève dans les aéroports de la France entière. La CGT, premier syndicat du secteur, table sur un impact “immédiat”.
Toute la branche pétrole et chimie est appelée à faire grève, y compris dans le secteur pharmaceutique.
Nouveauté dans l’industrie, l’appel à la grève dans l’ensemble de la métallurgie et notamment chez les géants du secteur, côtés au CAC40: aéronautique, automobile, sidérurgie, sont toutes concernées par une grève que le syndicat de branche espère voir reconduite. Les syndicats CGT de Thales, Valeo, Stellantis, ArcelorMittal, Forvia, Airbus, Safran et Renault ont notamment appelé à la grève.

Les routiers, jusqu’ici en retrait de la mobilisation contre la réforme des retraites, vont se joindre au mouvement. Barrages filtrants, blocages de plates-formes logistiques, opérations escargot… “Ils prévoient de mener des actions dès dimanche soir” rapporte le Parisien.
Au-delà de l’arrêt du travail, les routiers vont mener de multiples actions sur l’ensemble du territoire, dès lundi matin. Ils vont bloquer des plates-formes logistiques et des zones industrielles, notamment dans les Hauts-de-France et en région parisienne, ce qui pourra avoir des conséquences dans le secteur alimentaire: “Le paquet de pâtes, en rayon mardi matin, ne sera peut-être plus là jeudi…” prévient un syndicaliste.

Dans l’éducation, le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, prévoit “plus de 60%" d’enseignants grévistes dans le premier degré et “plusieurs milliers d’écoles” fermées mardi. Une vingtaine de blocages sont prévus dans les universités (pour le détail des actions dans les établissements en Lorraine, lire l’article de France Bleu).
Les sept principaux syndicats enseignants ont en effet appelé à “fermer totalement les écoles, collèges, lycées et services” le 7 mars. La colère contre la réforme sera aiguisée par le mécontentement sur la question salariale, en dépit des propositions de revalorisations du ministère.
Des blocages sporadiques par des lycéens sont également attendus. Idem dans les facs, où la mobilisation peine à décoller. “Bloquez tout ce que vous pouvez” à partir du 7 mars, a exhorté le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.
Les organisations étudiantes et lycéennes ont appelé à “durcir le mouvement” contre la réforme avec une journée de mobilisation de la jeunesse le 9 mars