
Ils sont excédés. Au début du mois de mars, les maires de la métropole de Metz ont signé un courrier envoyé au préfet de la Moselle, pour lui demander de réagir alors que quatre camps sauvages de gens du voyage ont été localisés. “La position de l’État n’est plus supportable” dénoncent-ils, par la voix de leur président François Grosdidier, maire de Metz. Ceux-ci demandent au préfet Laurent Touvet de “faire respecter la loi”, soulignant au passage ne pas accepter son “inaction”.
Selon France Bleu, des échanges houleux ont déjà eu lieu entre les élus et le préfet, lequel considérerait que “ces installations illégales ne sont pas constitutives d’un trouble à l’ordre public.” Or, les maires français sont souvent démunis lorsque des gens du voyage s’installent illégalement dans leur commune. Les signalements auprès des préfectures sont rarement suivis d’effets.
La loi française oblige notamment les communes de plus de 5.000 habitants à prévoir une aire d’accueil permanente ou de grand passage pour les gens du voyage. C’est un point souligné par les maires de la métropole de Metz: malgré une nouvelle aire d’accueil créée près de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu dotée de 48 places, qui porte à 200 le nombre total de places disponibles dans la Métropole, les installations illégales se multiplient. En l’occurrence, les quatre camps sauvages qui posent problème représentent une soixantaine de caravanes.

Interrogé par nos confrères, le préfet de Moselle a répondu via un communiqué dans lequel il dénonce notamment “une forme de malhonnêteté intellectuelle” de la part de la Métropole. Il explique par exemple avoir “mis en oeuvre la procédure administrative” contre les gens du voyage installés sur un campement illicite “dans deux cas” sur deux, depuis un mois. Néanmoins, Laurent Touvet souligne que ladite procédure “n’ouvre pas un droit à obtenir automatiquement les expulsions. La procédure administrative prévoit que le préfet apprécie si l’installation illicite constitue un trouble à l’ordre public.”
Le sujet reviendra bientôt sur la table, lors de la révision du schéma départemental d’accueil des gens du voyage.
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