Artisanat en MoselleLes boules de Noël de Meisenthal, un savoir-faire unique

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Portée par le succès de ses boules de Noël et par un vaste projet de rénovation de son site, la verrerie de Meisenthal en Moselle s'attache à redonner vie à une région désindustrialisée, ancien haut lieu de l'art verrier.
Les boules de Noël de Meisenthal
Avec ses boules de Noël, la verrerie de Meisenthal en Moselle s’attache à redonner vie à une région désindustrialisée, ancien haut lieu de l’art verrier.

La légende veut que la boule de Noël soit née à un jet de pierre de Meisenthal, en 1858, année de disette qui aurait poussé un ouvrier de la verrerie voisine de Goetzenbruck à souffler des fruits en verre pour décorer les arbres de Noël.

Depuis vingt ans, le Centre international d’art verrier perpétue cette tradition en lançant, à côté des vases, verres ou carafes, deux séries de boules de Noël “made in Meisenthal": l’une historique (pommes de pin, boules de couleurs), l’autre design, renouvelée chaque Noël. Cette année, après la “Tilt”, la “Sylvestre” ou l’"Ovni”, la “Lab” vient enrichir la série: imaginée par les Françaises Clara Bellet et Clémence Paillieux, elle s’inspire de la verrerie de laboratoire. Sur les 70.000 pièces qui sortent chaque année des fours de Meisenthal, 55.000 sont des boules de Noël, dont 20.000 de la série design.
Leur production est rigoureusement artisanale : chaque pièce est entièrement soufflée dans l’atelier par les verriers, véritables “mains savantes” du CIAV.
C’est dans les semaines précédent Noël que la production de boules bat son plein, avec une vingtaine de souffleurs à pied d’œuvre. “On produit chaque jour entre 500 et 600 boules” de Noël, explique Jean-Marc Schilt, 44 ans, dont 17 à Meisenthal.

© FREDERICK FLORIN / AFP

La vente des boules de Noël, produit “iconique” de la verrerie, “permet de nous auto-financer à 80%”, souligne Yann Grienenberger qui refuse toute logique industrielle.
Mais il y a quelques années, un constat s’est imposé: la verrerie était à l’étroit dans ses locaux historiques.
En 2010, M. Grienenberger et son équipe sont parvenus à convaincre plusieurs financeurs, publics et privés, de parier sur le site d’un hectare. A la clé: une enveloppe d’une quinzaine de millions d’euros et trois ans de travaux (2018-2021).

Deux bâtiments viennent d’être livrés en octobre : un nouvel atelier de soufflage et une salle de spectacle, la Halle Verrière, d’une capacité de 3.000 places. Le Musée du Verre, entièrement rénové, ouvrira début 2021.
Objectif: doper la fréquentation du site, qui accueille 60.000 visiteurs par an, et attirer plus de touristes dans cette région reculée des Vosges du Nord qui, aux confins de la Lorraine et de l’Alsace, peine à se remettre de la désindustrialisation.

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