
Aucun danger ne plane sur le réacteur n°3 de la centrale de Cattenom qui doit redémarrer la production d’électricité d’ici le 26 mars et pour lequel les opérations de rechargement de combustible sont en cours, comme l’avait annoncé il y a quelques jours Jérôme Le Saint, directeur du site mosellan.
Les interrogations ont pourtant fusé ce jeudi suite à l’annonce récente de la découverte d’une fissure repérée à Cattenom 3, longue de 165 mm (représentant environ le quart de la circonférence) pour une profondeur maximale de 4 mm.
Le CNPE de Cattenom assure que le tuyau “n’est plus présent sur l’installation puisque toute la demi ligne du circuit d’injection de sécurité a déjà été remplacée” entre fin novembre 2022 et mi-février 2023. Il s’agit d’un circuit de secours qui est uniquement utilisé en cas d’accident pour injecter de l’eau dans le réacteur.
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En fait, la fissure a été découverte lors d’une expertisemenée dans un laboratoire métallurgique sur les morceaux de tuyauteries du circuit de secours du réacteur 3. Ces derniers sont toujours en cours d’expertise alors que plusieurs soudures avaient révélées une fragilité au phénomène de corrosion sous contrainte, qui donne tant de fil à retordre à EDF.
Le réacteur 3 avait été arrêté en priorité pour contrôle de la sensibilité des tuyaux à la corrosion sous contrainte. “Nous avons procédé à la découpe de l’ensemble de la ligne du circuit d’injection de sécurité et l’avons remplacé”, rapporte Coralie Dupont, responsable de la communication à la centrale de Cattenom.
Les expertises se poursuivent toujours sur les tronçons déposés. Elles ont permis d’identifier “un léger défaut de fatigue thermique (de l’ordre de 4 mm de profondeur)”. Ce phénomène est bien connu dans l’industrie, mais “nous ne nous attentions pas à trouver ce type de défaut à ce niveau de la tuyauterie”.
En septembre 2022, la première expertise des échantillons prélevés sur des soudures situées à l’extrémité des coudes avait déjà permis d’identifier de la corrosion sous contrainte. Le défaut était de l’”ordre de 1 à 2 mm de profondeur sur une tuyauterie de 30 mm d’épaisseur”, expliquent les autorités. EDF avait alors déclaré un “évènement significatif sûreté générique de niveau 1” pour le réacteur 3.
Désormais “on ne se pose plus la question de remplacer ou non ces tuyaux, on remplace c’est tout. Les demi lignes de circuits de sécurité seront toutes remplacées par des neuves d’ici début 2024 à Cattenom”, assure-t-elle.
Les tuyaux seront renouvelés sur le réacteur 2 lors d’une visite partielle qui ne durera pas seulement “deux à trois mois”, comme prévu, mais “160 jours”. Le réacteur 2 a été arrêté la semaine passée.
Le circuit du réacteur 1 qui avait été recouplé au réseau en février, après des soucis de corrosion dénoncés par Greenpeace Luxembourg, subira dès le mois de mai un arrêt intermédiaire qui n’était pas prévu au programme.
Enfin le réacteur 4 sera stoppé “fin novembre, début décembre 2023” pour une visite décennale. Mais “une bonne partie” de la demi ligne a déjà été remplacée et “n’a pas révélé de corrosion sous contrainte”.